La poésie par Baudelaire

Erato, muse de la poésie lyrique Charles Meynier 1768–1832 gabrielle dubois
Erato, muse de la poésie lyrique Charles Meynier 1768–1832

La poésie par Baudelaire




« … La poésie, pour peu qu’on veuille descendre en soi-même, interroger son âme, rappeler ses souvenirs d’enthousiasme, n’a pas d’autre but qu’elle-même ; elle ne peut pas en avoir d’autre, et aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème, que celui qui aura été écrit uniquement pour le plaisir d’écrire un poème. Je ne veux pas dire que la poésie n’ennoblisse pas les mœurs, qu’on me comprenne bien, que son résultat final ne soit pas d’élever l’homme au-dessus du niveau des intérêts vulgaires ; ce serait évidemment une absurdité. Je dis que si le poète a poursuivi un but moral, il a diminué sa force poétique ; et il n’est pas imprudent de parier que son œuvre sera mauvaise. La poésie ne peut pas, sous peine de mort ou de déchéance, s’assimiler à la science ou à la morale ; elle n’a pas la Vérité pour objet, elle n’a qu’Elle-même… »

Extrait de Théophile Gautier par Charles Baudelaire ; notice littéraire précédée d'une lettre de Victor Hugo

Auteur :  Baudelaire, Charles (1821-1867)

Éditeur :  Poulet-Malassis et de Broise (Paris)
Date d'édition :  1859

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