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Quand et comment avez-vous commencé à écrire ? 

Je m’en souviens parfaitement. Un soir, je regardais un film à la télévision. Un héros américain sauvait le monde, seul, laissant autour de lui mort et destruction. Classique. Un quart d’heure après le début du film, subitement, sans rien dire, je me suis levée et je me suis assise devant l’ordinateur familial, avec le bruit de la télé en stéréo dans les oreilles. J’ai ouvert une page Word, et j’ai commencé à écrire l’histoire que je me racontais depuis… toujours !

Parce que je me raconte des histoires, depuis aussi loin que je me souvienne. Mais je croyais que, d’une part, tout le monde le faisait et que, d’autre part, ça n’avait pas d’importance. Au reste, cela faisait des années que je m’empêchais de me raconter des histoires, pensant que c’était ridicule.

Assise devant mon ordinateur, je tape à toute vitesse, peinant à suivre les dialogues que mes personnages se racontent dans ma tête et que je vois comme si j’étais au cinéma. Avant l’aube, je me décide à aller me coucher, parce que le jour, j’ai un boulot. 365 nuits plus tard, après de nombreuses recherches bibliographiques, heureuse, j’écris le mot FIN et m’étonne d’avoir écrit un roman.

 


Pourquoi écrivez-vous ?

J’ai commencé à écrire pour me raconter l’histoire que j’avais envie de voir au cinéma : Louise, La Muse. J’ai continué pour me faire plaisir, puis j’ai persisté pour faire plaisir aux autres ─ je me suis rendu compte, avec les retours de mes premières lectrices, de la nécessité de mes histoires. En fait, les deux ont marché de pair : le désir des lectrices de replonger dans les aventures de Louise, et le vide dans le cœur que j’avais eu, après avoir fini ce premier roman, accompagné d’un terrible sentiment de désœuvrement. Alors j’ai ouvert une nouvelle page blanche sur mon ordinateur, persuadée que Louise La Muse était tout ce que j’avais comme histoire dans le stock de mon imagination. Mais non, aussi facilement a coulé Louise, La Femme. Écriture, travail, nouvelles recherches bibliographiques, un an après, j’avais fini.

Ensuite, j’ai suivi (en imagination) une petite jeune fille qui marchait d’un bon pas vers Paris. J’ai fait sa connaissance, j’ai appris pourquoi elle avait quitté sa maison et ensemble nous avons rencontré Angus et bien d’autres personnages et ELFIE a commencé, et ainsi de suite…

Alors, pourquoi j’écris ? Parce que je ne peux pas ne pas écrire !

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D'où viennent vos idées ? Quelles sont vos sources d'inspiration ?

Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours inventé des histoires dont j’étais le personnage principal. Petite, avant même d’avoir une idée de ce qu’était l’amour, j’entends, l’amour de couple, je vivais en imagination des aventures, de l’amour, des déchirements, des joies, et le tout au 19ème siècle. Peut-être ai-je été influencée ou inspirée par George Sand, Théophile Gautier ou Victor Hugo dont j’avais lu La Mare au Diable, La petite Fadette, Le Capitaine Fracasse ou encore Les Misérables jusqu’à mes dix ans ? Certainement, ce goût était en moi.

Mes sources d’inspiration… Une imagination inépuisable ! Des traits de caractères qui ont retenu mon attention, des faits qui m’ont choquée, comme les agressions que j’ai subies, enfant, d’inconnus dans la rue, ou que j’ai vu, enfant, au journal télévisé qu’on nous laissait regarder pour nous informer, mais qui n’est qu’une suite d’horreurs que commettent les hommes. Mais n’oublions pas d’avoir de l’esprit, de savoir rire et sourire, de savourer les moments de bonheurs, dans la vie comme dans les livres.


Comment bâtissez-vous vos histoires ? Quelle est votre méthode de travail ?

J’ai gardé la même méthode que depuis mon enfance, alors que je n’écrivais pas encore : j’imagine et je vis les histoires, mais aujourd’hui, en plus, je les écris. J’ai donc d’abord l’histoire, mais pas dans son entier. J’ai un personnage principal, des scènes disparates. Je commence à écrire l’histoire quand je sens que je vais pouvoir aller quelque part, que l’évolution du personnage à travers les années que va durer le roman sera intéressante, qu’il y aura assez de matière et d’intrigue, et d’amitiés féminies, et d’amour. Je ne sais pas quoi vous dire plus au sujet de l’imagination : les personnages, l’intrigue, les situations me viennent sans que je les cherche.

En revanche, bien que j’aie une bonne connaissance du 19ème siècle et de l’Histoire des femmes, j’ai toujours une énorme part de recherches bibliographiques pour bien ancrer la pensée des personnages, leur façon de vivre, les éventuels "grands évènements" dans leur époque. Un fond historique bien recherché est une nécessité et donne une réalité palpable à l’histoire et à la vie des personnages fictifs. Donc je lis des correspondances, des témoignages, des rapports divers de l’époque, de l’année exacte de mon récit. La difficulté n’est pas de les lire, mais de les trouver.

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Comment travaillez-vous ?

Peut-être ne devrais-je pas le dire, mais je n’ai pas vraiment d’habitude d’écriture. J’écris dès que je peux : les salons du livre auxquels je participe dans toute la France sont très chronophages, de même que faire ce site internet, avoir une présence sur les réseaux sociaux, bien que sur ce dernier point, je n’excelle pas. J’ai aussi une famille, une vie privée.

J’écris à la maison, à la table du salon, sur mon ordinateur, aussi bien quand la maison est pleine de vie quand la famille est présente que quand elle est vide et que j’y suis seule, ne me gênent pas. Étonnamment peut-être pour certains, autant des conversations dans la pièce ne me gênent pas, non pas que je les occulte, mais j’arrive à les écouter en même temps que j’écris mes romans ; autant la musique me gêne, je ne peux pas écrire avec. J’aime la musique, principalement Beethoven dont la musique est une grande source d’inspiration, mais aussi Rossini, Verdi… En voiture, sur les routes de France pour me rendre dans les salons de livre, je chante à tue-tête des chansons du 19ème au 21ème siècle, des trucs qui maintiennent éveillée !



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