L'auteur

Gabrielle Dubois

Biographie de l’auteure et productrice


Je suis née à Toulouse, France, en 1967.
Un soir, alors que j’avais 45 ans, je regardais un film à la télévision avec mon mari. Un héros américain sauvant seul le monde, laissant autour de lui mort et destruction. Classique.
Un quart d’heure après le début du film, subitement, sans rien dire, je me suis levée et je me suis assise devant l’ordinateur, avec le bruit de la télé dans les oreilles. J’ai ouvert une page, et j’ai commencé à écrire l’histoire que je me racontais depuis… toujours !
Parce que je me suis toujours racontée des histoires, aussi loin que je me souvienne. Mais je croyais que d’une part, tout le monde le faisait et que d’autre part, ça n’avait pas d’importance. Au reste, cela faisait des années que je m’empêchais de me raconter des histoires, pensant que c’était ridicule !
Bref, me voici, assise à mon ordinateur, tapant à toute vitesse, peinant à suivre les dialogues que mes personnages se racontent dans ma tête, que je vois comme si j’étais au cinéma. Avant l’aube, je me décide à aller me coucher, parce que j’ai un boulot pour nourrir ma famille !
Enfin heureuse, le lendemain soir, je me remets à écrire mon histoire et ainsi de suite toutes les nuits. Seule, dans ma tête, avec mes personnages, je me sentais bien, je me faisais du bien.
Prise à mon propre jeu, au bout de quelques mois je me dis : il faut que je mette tout ça en forme. Je découpe en chapitre, je travaille à mon idée, fiévreuse, comblée. Entre-temps, je constate qu’il me manque des détails historiques. Je cherche, je lis des tonnes de livres écrits à l’époque de mon histoire, certains auteurs connus, mais pour la plupart inconnus : des témoignages des lieux, des pensées, des façons de vivre de l’époque.
Quelques mois plus tard, j’écris le mot FIN et, étonnée, je me dis : je crois que je viens d’écrire un roman ! Je suis heureuse d’avoir eu du plaisir à l’écrire, heureuse d’avoir travaillé comme une dingue : Louise, La Muse était né !
Là, s’est posée une question que je n’avais pas vu venir : qu’en faire ?

Je la fais lire à ma maman, qui me dit : Ah, c’est tout ? Je pensais que tu aurais écrit quelque chose de plus intellectuel !
Bon. J’en reste là.
Puis ma marraine m’appelle : Il paraît que tu as écrit un livre ? Je peux le lire ?
Pourquoi pas…
Elle adore. Elle me dit qu’il faut que je l’envoie à des éditeurs, que je suis une super romancière, que je lui fais penser à Alexandre Dumas !
Ah, bon ?
Ma sœur : Oui, c’est une bonne histoire et on n’a pas envie de s’arrêter quand on commence, mais tiens ! voici des auteurs contemporains bien mieux que toi qui pourrait t’en apprendre. Prends exemple !
Vlan ! Il y a des personnes qui vous font vite redescendre sur terre ! 😊
Bref, mon mari me dit : Envoie-le à des éditeurs !

Je fais imprimer et relier quelques manuscrits, Louise est gros, ça coûte cher. J’envoie avec enveloppe retour : 19€/envoi. Pour nous, ce n’est pas rien. Mais je le fais…

Entre-temps, trop triste d’avoir quitté Louise, avec un gros vide dans le cœur, avec un terrible sentiment de désœuvrement, j’ouvre une nouvelle page blanche sur mon ordinateur, persuadée que Louise La Muse était tout ce que j’avais comme histoire dans le stock de mon imagination.
Mais non ! Aussi facilement qu’a coulé Louise La Muse, j’ai écrit, à mon grand étonnement, Louise 2, La Femme. Travail, lectures bibliographiques nouvelles, un an après, j’avais fini.
Entre-temps, les envois manuscrits-éditeurs continuaient leur incessant allers-retours, ma pile de lettres de refus augmentait, implacable. Peu importe, j’adorais travailler à raconter mes histoires. Encore une fois, je pensais que j’avais donné tout ce que j’avais en réserve.
Mais j’écrivis Elfie. Je repartais dans de nouvelles aventures, et je me régalais !

Mes manuscrits revenaient accompagnés, ou pas, de lettres de refus, toutes sur le même modèle… sauf deux : deux éditrices, qui ont vraiment lu mes romans et m’ont écrit manuellement une lettre explicative de leur refus : elles en ont apprécié leurs qualités, mais n’ont pas le courage de prendre un risque avec une auteure inconnue et un format de roman long ou de série, bien qu’ils se lisent d’une traite tant on ait envie de connaître la suite. Voilà qui fait du bien : mes romans n’entrent pas dans les cases, mais ils ont de la valeur.

Épuisée physiquement : je travaille le jour et j’écris la nuit ; épuisée moralement par les refus, il faut bien avouer, ça fait quand même mal ; épuisée financièrement par les envois postaux, j’arrête de proposer mes manuscrits. Et là, quel soulagement !
Sans pression, j’écris Calixte, un grand roman que je présente en deux parties : Calixte 1, Le bruit du soleil, et Calixte 2, L’odeur de la neige. Celui-ci me demande beaucoup de réécriture et plus de concentration encore que d’habitude : d’une part à cause du méchant personnage que je n’aime pas… parce qu’il est méchant ! Je trouve ardu de côtoyer tous les jours un méchant qui est dans votre tête, c’est difficile à gérer. Et d’autre part à cause de la construction du livre qui a été un véritable casse-tête pour que l’histoire soit lisible facilement.
Bref, je finis Calixte et je constate que ce roman est encore plus long que les autres ! Je ne prends même pas la peine de l’envoyer à des éditeurs qui sont plus que frileux à se lancer dans ce genre de format avec une inconnue qui n’a plus vingt ans !
Parce qu’il faut le dire : l’âge a son importance.
Mais alors, pourquoi ai-je commencé à écrire si tard ?

Ma vie n’a pas été un long fleuve tranquille ! Quelle vie l’est ? Quand j’étais jeune, j’étais perdue. À trente-trois ans, mes deux enfants avaient un an et deux ans, j’ai compris d’une part que je l’étais, d’autre part, pourquoi.
J’ai commencé à suffoquer la nuit, mon cœur accélérait, je me réveillais en pleine douleur pensant que j’avais une crise cardiaque. Mais mon cœur physique allait bien et mon corps allait bien.
Alors un jour, j’ai poussé la porte d’une psychologue :
- Pourquoi venez-vous ? a-t-elle demandé.
- Je ne veux pas qu’il arrive à mes enfants ce qui m’est arrivé, ai-je répondu. À onze ans, j’ai été agressé par quatre jeunes hommes, dans un tunnel piétonnier passant sous une ligne de chemin de fer.
Bien entendu, j’abrège. Cela prend des semaines, des pleurs et des mouchoirs, de sortir ce genre de choses.
Ensuite, je me brûle les deux bras. Hôpital. Je retourne chez la psychologue qui me dit :   - Bon, ça, c’est fait !
- Qu’est-ce qui est fait ? je demande.
- Quand on ne peut pas s’en prendre aux personnes qui nous ont fait du mal, explique-t-elle, on s’en prend à soi.
Mince, elle me l’aurait dit avant, j’aurais abattu un mur avec une barre de fer ! Ça m’aurait évité de passer six mois les bras dépecés, bandés avec deux enfants en bas âge portant encore des couches.

Mais enfin, j’étais heureuse : j’avais déposé sur le bord du chemin le fardeau qui m’étouffait, qui m’empêchait d’être moi. Ensuite, il m’a fallu encore quelques années pour reprendre possession de ce moi. Je m’étais méconnue pendant plus de deux décennies, ça prend un peu de temps !
La suite, vous la connaissez : je me suis mise à écrire les histoires qui me plaisent. Non, pas tout à fait… j’ai commencé par réécouter la musique que j’aime : la musique classique, Beethoven, Rossini, Verdi… C’est en ayant Beethoven en tête que j’ai écrit Louise.

En avançant dans ma propre réflexion, j’ai compris que si j’avais eu plus d’assurance en tant que fille et que femme, d’abord, j’aurais pu dire plus tôt ce qui s’était passé, ensuite je n’aurais pas minimisé l’importance d’une agression qui a paralysé ma vie pendant tant d’années.
Un soir, avec ma fille, nous regardions un TedX et nous sommes tombées sur Naomi McDougall Jones, une actrice-réalisatrice américaine qui dénonçait la suprématie masculine à Hollywood. Elle expliquait que si nous, femmes et filles, ne voyons que des héros mâles, que des actrices ne jouant que des rôles secondaires derrière l’homme, jamais nous ne nous sentirions dans la vie comme ayant le droit d’être le rôle principal de nos propres vies, d’être les décideuses de nos propres vies.
Ce fait m’avait frappé. J’ai envoyé un email à Naomi, pour lui dire que je voulais soutenir le cinéma féminin. S’en est suivi un échange d’emails et de Skype. Nous avons fait connaissance. Naomi et d’autres femmes étaient en train de monter THE 51 FUND, maison de production américaine de films écrits et réalisés par des femmes dont les rôles principaux seraient féminins. Elle m’a proposé de faire partie de l’aventure. J’ai dit oui. Quelle aventure ! Depuis, je suis devenue Founding General Partner de THE 51 FUND. Entre-temps, il y a eu beaucoup de bâtons dans les roues, plus le covid. Mais j’aurai bientôt de bonnes nouvelles à annoncer au sujet du 51 FUND… Ce que je peux ajouter, c’est que je suis très honorée et heureuse de participer, à mon petit niveau, à ce beau projet féminin.

Quant à mes romans, on m’a demandé pourquoi leurs personnages principaux étaient des femmes. Vous avez eu en partie la réponse. Je poserais plutôt la question : Pourquoi ne demande-t-on jamais aux auteurs pourquoi leurs personnages principaux sont des hommes ?
Et pourquoi le 19ème siècle ? Il n’y a pas de mystère : parce que j’ai toujours aimé ce siècle ! Une question de goût, tout simplement. Tout m’inspire : la musique, la peinture, la littérature, la poésie, les costumes, les chevaux. Mon côté romantique que j’assume enfin peut-être ?

Une autre question qu’on m’a posée : de quoi est-ce je vis ? On pourrait être tenté de répondre par une question : De quoi est-ce que je me mêle ?
Mais je vais donner ma réponse :

J’ai été entrepreneuse indépendante pendant vingt ans avec mon mari. Une toute petite entreprise locale composée de mon mari et moi, plus quelques extras quand c’était nécessaire. Une petite entreprise familiale, ce n’est pas qu’une question d’argent comme peuvent le croire certains qui n’ont jamais eu d’entreprise.
C’est du travail, des difficultés, des soucis, des espoirs, des déceptions. Il faut avoir un moral solide pour y survivre. C’est une question de rapports humains avant tout et de foi en ce qu’on fait ; et il faut en avoir, de la foi (ou de la folie !) quand les rentrées d’argent sont en-dessous des espérances et du temps de travail, comme peuvent le ressentir et le vivre certaines librairies en 2020.
À ce sujet, je vais aussi dans les librairies, d’occasion surtout, car je ne lis que des auteures principalement du 19ème siècle et j’achète des éditions aussi vieilles que mon porte-monnaie me le permet ! Car, oui, les libraires sont de bon conseil. J’ai découvert certaines auteures françaises du 18ème siècle que je ne connaissais pas.
Mais le marché des livres est une jungle, je m’en suis rendu compte malgré moi.
D’une part, les éditeurs sont des entrepreneurs et ils sont très, très frileux !
Mes romans, hormis Violette et Napoléon, sont considérés comme « longs » de nos jours. Je suis inconnue, et je n’entre dans aucune case. Donc, je suis difficile à vendre pour un éditeur. Ce que je comprends. Bref, j’ai compris qu’une maison d’édition ne s’intéressera à mon travail que quand je serai connue. Que pour que mes romans se retrouvent sur les étagères des librairies, il faut d’abord que je sois reconnue sur Amazon. Voyez le cercle vicieux !
Donc je dois me débrouiller seule, ce que je fais volontiers : c’est mon rêve, c’est ma vie. Après avoir cherché par bien des moyens, il s’avère que c’est Amazon qui me donne, en tant qu’auteur indépendante, le plus de visibilité et gratuitement. En fait, c’est soit Amazon soit rien.
(À ce sujet, il serait peut-être bon de se poser la question : qui met ses livres en vente sur Amazon, à part une auteure indépendante comme moi qui n’a aucune influence sur le chiffre d’affaire des librairies ? Ce sont les maisons d’éditions ! Elles disent soutenir les librairies, mais elles vendent directement sur Amazon.
Je crois que les libraires devraient se retourner avant tout contre les maisons d’éditions qui mettent leurs livres en vente sur ce site dans leur dos : Amazon ne peut vendre que les produits qu’on lui propose. De plus, des milliers de petites d’entreprises françaises, locales, utilisent cette plate-forme pour vendre, en France comme à l’étranger, ce qu’elles ne pourraient pas faire seules. Et plus elles marchent, plus elles payent d’impôts en France…
Bon, voilà, ça, c’était la grosse parenthèse.)
Bref, en 2019, souffrant d’arthrose depuis quinze ans, notre travail étant très physique, le docteur m’ayant dit que si je n’arrêtais pas ce travail, je perdrais mes bras ! j’ai dû arrêter de travailler dans notre petite entreprise, ce qui signifiait l’arrêt de l’entreprise et que mon mari aussi se retrouverait sans travail. Comme convenu entre mon mari et moi, le 31 décembre 2019, nous avons fermé l’entreprise, sans avoir trouvé de repreneur et sans chômage pour vivre après.
Mais nous avions un plan : mon mari allait retrouver du travail qui nous suffirait pour vivre (nous ne sommes pas matériellement gourmands, une chance !) et ainsi je pourrais me consacrer à mon écriture et à trouver un lectorat.
Manque de bol, le premier confinement a fait capoter tous les entretiens d’embauche. Finalement, mon mari a trouvé un poste de juin à octobre à 500km de chez nous. C’était mieux que rien. En rentrant, il a commencé à chercher un autre poste pour la saison d’hiver, mais le confinement a de nouveau frappé, les restaurants ont interdiction d’ouvrir. C’est dur pour le compte en banque, c’est dur pour le moral.
Mais mes enfants étudiants, mon mari et moi avons un atout énorme : l’amour et l’espoir.
Et puis… j’écris des romans d’amour et d’aventure, il faut bien que je puise mon inspiration quelque part, non ? 😉

Enfin, 16 décembre 2020 : Un événement formidable !
SUNDANCE, le Festival du film indépendant, a annoncé sa sélection pour le Festival Sundance de fin janvier 2021 :
CUSP, le documentaire long-métrage en partie produit par THE 51 FUND (et votre humble servante), est sélectionné parmi des milliers d’autres ! C’est déjà une consécration pour le magnifique travail des deux réalisatrices Isabel Bethencourt et Parker Hill. C’est une belle étape pour l’équipe des femmes travailleuses, opiniâtres et au grand cœur de THE 51 FUND.

Gabrielle Dubois                         #gabrielle #dubois #auteure

Cusp Film sélection Sundance 2021 , gabrielle dubois cinéma
Cusp Film sélection Sundance 2021 -The 51 Fund

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Roman historique, Gabrielle Dubois