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Ça y est, je fais le grand saut !


J’ai toujours travaillé pour gagner ma vie et celle de mes enfants. Jusque-là, rien d’extraordinaire. J’ai un travail physiquement éreintant, qui nécessite de porter beaucoup de poids à bout de bras. L’arthrose a élu domicile dans toutes mes articulations. Depuis 15 ans, elle trouve mon corps très accueillant ! Moi, je me sens comme un automate en fer rouillé.
Il y a six ans, quand je me suis mise à écrire les romans qui envahissaient ma tête depuis toujours, j’ai donc dû les écrire la nuit, les dimanches après-midi après le travail, et à chaque heure que je pouvais grappiller de-ci de-là ! (cf Liberté, Histoires et Bonheur )
Bref, comme j’ai besoin de plus, que les quatre heures par nuit qui suffisaient à Napoléon ! en mars dernier j’ai pris une énorme décision. Alors que nous travaillions, mon mari et moi ― nous travaillons ensemble, nous avons créé notre petite entreprise, il y a seize ans. Je lui ai dit tout à coup :
- Chéri, à la fin de l’année, j’arrête !
En même temps, je n’avais pas trop le choix, le docteur venait de me dire que je perdrais mes bras si je continuais à travailler ainsi. Mais la décision était très difficile à prendre parce que je ne peux pas être remplacée. Cela impliquait donc la fermeture de notre entreprise. Par conséquent, mon mari se retrouverait lui aussi sans travail, alors que nos deux enfants font des études. Mais il a dit :
- Ok, tu ne peux de toute façon plus continuer à t’épuiser comme ça, physiquement et moralement.
N’est-il pas chouette, mon mari ?

Alors, nous y sommes presque. En début d’année prochaine, en 2020, mon mari part à la recherche d’un nouvel emploi et moi, je me consacre à mon écriture.
Nous allons devoir nous serrer la ceinture, ce n’est pas grave, j’ai de la réserve ! Mais je suis TERRIFIÉE parce que je me suis toujours promis de pourvoir aux études de mes enfants et je ne manquerai pas à la promesse que je me suis faite. S’il le faut, je trouverai un petit boulot pour joindre les deux bouts. Mais nous n’en sommes pas encore là !
En même temps, je suis EXCITÉE. parce qu’après avoir mis des années à surmonter les déboires de mon enfance, je vais enfin faire ce qui me plaît : raconter des histoires à plein temps.

Alors, depuis des semaines, je me sens toute bizarre. Je suis en coton. J’ai envie de rire et de pleurer en même temps, bref, je suis toute pleine d’émotions. Mais je n’ai pas vraiment peur, finalement. Je suis reconnaissante à la vie de m’offrir à vivre toutes ces émotions.

Le passé, il faut se pencher dessus pour comprendre son présent. Mais une fois que c’est fait : pfuit, à la mer ! Il faut avoir le courage de se jeter à l’eau et d’accoster des terres nouvelles. Je suis reconnaissante à la vie qui donne des secondes chances à tout âge.
Je suis reconnaissante à la vie de me donner des choix. Et je choisis de tenter de vivre de mon écriture, avec enthousiasme, avec assurance, car je sais une chose : il n’y a rien de pire que d’avoir des regrets.©


Gabrielle Dubois©
 

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