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Cher Ange, Nancy Mitford

nancy Mitford Le cher ange

 

J’avais lu il y a des années, ‘À la poursuite de l’Amour’ et ‘L’Amour dans un climat froid’ qui m’avaient bien plu. Mais je dois dire que j’ai peiné à lire ce ‘Cher Ange’.

L’écriture est extra, l’humour anglais des plus plaisants, mais l’histoire de ce couple aristocratique, futile et inutile m’a totalement désintéressée.

Combien y a-t-il de Ducs en Angleterre, pourquoi il faut porter la couleur marron quand on voyage, font-ils des encolures montantes chez Dior maintenant, et tous ces affreux parents qui partent à Venise en été parce qu’ils sont fatigués d’avoir assisté à trop de cocktails, soirées et dîners à Paris et qui n’emmènent surtout pas leurs enfants, où seraient le repos, sinon?

Et le couple aristocratique principal? La femme, une Anglaise, est une rose qui se laisse déposer dans un joli vase et attend bêtement qu’on l’arrose d’eau fraîche et sucrée pour fleurir gracieusement, le mari, un Français, lui, arrose plusieurs vases mais… il aime sa femme! Mystère…

Au bout de quelques années, la femme ouvre les yeux. Séparation, mais ils s’aiment toujours. Leur unique fils, Sigismond, ne trouve que des avantages à vivre avec maman d’un côté et papa de l’autre. Du coup, il va manigancer tout un tas d’histoires pour que ses parents ne se remettent pas ensemble. Mais tout est bien qui finit gentiment bien dans un monde de personnes civilisées, cultivées et fortunées.

On reste avec ce ‘Cher Ange’ à la surface des choses, des sentiments, de la vie et ses déboires, de la société et ses disfonctionnements… Ou bien, je n’aurais pas dû lire ce livre pendant les semaines où j’ai été malade, peut-être suis-je passée à côté?

 

Allez, quelques extraits pour ne pas se quitter fâchées:

 

"Les maisons sont tout autres quand nous les connaissons bien. Le premier contact les rend encore plus trompeuses quant à leur véritable caractère, que les êtres humains. On ne peut avoir qu’un sentiment général"

 

Humour noir quand la femme tisse ou brode un énorme tapis de ses propres mains:

"Charles-Édouard se plaisait à la voir coudre… Il était pourtant décidé à ce qu’il arrive quelque accident terrible à ce tapis, le jour même où il serait achevé: un flot d’encre indélébile ou une brûlure étendue. Il n’était pas homme à s’attacher à un objet pour des raisons sentimentales, surtout pas à un tapis aussi grand et laid."

 

"J’étais en train de lire ‘La petite Princesse’ quand maman est morte… un souvenir qu’elle trouvait toujours très troublant. La petite fille qu’elle avait été, le nez enfoui dans son livre, avait senti qu’elle aurait dû être triste et pourtant tout ce qu’elle souhaitait était poursuivre sa lecture."

 

L’enfant: "M. l’abbé me raconte des histoires formidables sur les Romains de l’Antiquité et j’ai une nouvelle idée pour Nanny. Si on la mettait dans une arène avec un ours particulièrement féroce?

Réponse de la mère, pratique: "Oh, la pauvre! Où trouveras-tu un ours?"