gabrielle Dubois
Gabrielle Dubois

L’ÉCRITURE

Comment vous est venue l’écriture ?


Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours inventée des histoires, une autre réalité dans laquelle je me sentais mieux. Je n’avais jamais pensé que ces histoires auraient pu faire l’objet de livres, jusqu’à ce que, peu après mes quarante ans, je me décide à les écrire.
Un soir, j’ai ouvert une page blanche, sur mon ordinateur, et Sous les eucalyptus est passé du film qu’il était dans ma tête au roman, avec tellement de plaisir que je n’ai pu quitter Louise St Quentin et que L’usine est venu aussi rapidement à sa suite.


L’écriture est-elle pour vous une sorte de prédisposition, une nécessité ?
L’écriture est en effet une sorte de prédisposition. J’ai toujours imaginé des histoires dont j’étais l’héroïne, depuis aussi loin que je peux me souvenir. Ces histoires étaient immanquablement remplies de drames, de pays lointains, d’amour, d’intrigues et de grands sentiments. D’évasion !
Etrangement, l’écriture a toujours été une nécessité, mais je ne m’en suis rendu compte que récemment. Je m’explique : j’ai toujours ressenti un manque, un vide, et ce n’est qu’après avoir écrit un chapitre de Sous les eucalyptus que je me suis enfin senti bien, comme libérée, soulagée.


D’où viennent vos idées ? Quelles sont vos sources d’inspiration ?


D’où me viennent mes idées ? Il me semble que l’amour, l’aventure, les grands sentiments sont ce à quoi aspirent une majeure partie des êtres humains. Alors, cela peut prendre différentes formes, selon les caractères et les inclinaisons. Mais que ce soit une jeune fille d’un hypothétique futur qui sauve sa famille en chassant des bêtes féroces dans un jeu monstrueux et qui y trouve finalement l’amour ou une Louise St Quentin, du dix-neuvième siècle, la forme diffère, mais dans le fond, la quête d’amour et de bonheur reste la même.
Quand à mes sources d’inspiration, elles me viennent de mes goûts personnels : la musique classique, les auteurs du dix-neuvième siècle, les belles histoires d’amour du cinéma d’Hollywood en technicolor des années cinquante et soixante.

Cela vous conviendrait-il, d’être considérée comme une romancière populaire ?
Qu’entendons-nous par populaire ? Je ne trouve pas qu’il soit dévalorisant d’être appréciée du plus grand nombre, au contraire ! Je crois que ce qui fait le trésor d’un roman, est qu’il puisse avoir une lecture différente selon le ou la lectrice. C’est d’ailleurs une des choses qui m’a en premier lieu étonnée, quand j’ai eu les impressions de mes premières lectrices : aucune n’en avait fait la même lecture, chacune s’était approprié mon livre à sa façon, chacune y avait vu quelque chose de différent. De même pour les personnages, chaque lecteur les juge, les critique, les aime ou les désapprouve selon son vécu personnel, son affectif. Et c’est ce que j’aime, ce qui fait qu’un livre est intime : l’auteur l’écrit seul, le lecteur le lit seul et chacun y apporte sa sensibilité propre.

Comment bâtissez-vous vos histoires ? Quelle est votre méthode de travail ?
J’invente des histoires ; en fait, cela débute plus comme des scènes séparées, dans le temps, l’espace et avec des personnages différents. Puis, une fois que j’ai assez de matière et que je me suis rejoué les scènes dans ma tête assez souvent pour me dire qu’elles sont achevées,  toutes ces scènes en désordre forment d’elles-mêmes une histoire que j’écris.

Quelles sont vos préférences littéraires ?

On dit souvent que vos romans ont des aspects très cinématographiques. Qu’en pensez-vous ?
Que cela ne m’étonne pas, car je commence par voir évoluer les personnages, toujours l’un par rapport à l’autre ou aux autres ; ils se parlent, se répondent. Quand j’écris, je ne fais que retranscrire ce que se disent les personnages dans ma tête, car je les vois effectivement comme si j’étais devant un écran de cinéma. Et souvent, j’ai du mal à les suivre : ils parlent bien plus vite que je ne tape sur mon clavier !

Pensez-vous à une adaptation cinématographique quand vous écrivez ?

Non. J’ai le film en tête avant l’écriture !

Pourquoi une grande partie de vos romans se déroule dans des pays étrangers ?
Pour le rêve, le dépaysement. J’écris en premier lieu pour me faire rêver. Alors, ma cuisine, ma voiture, mon linge à étendre dans ma maison de banlieue, non vraiment, si le bonheur y est, cela manque de poésie et il me serait impossible d’écrire sur mon quotidien ! Que répondre. L’herbe semble toujours plus verte ailleurs ?

Gabrielle Dubois _ roman - roman amour aventure - Gabrielle Dubois
L'alibi l 'experience tome 2

Déjà paru les 3 tomes de L'alibi ,

Gabrielle Dubois

Le roman d'amour et d'aventure

Voici la réponse qu’a donnée Gabrielle Dubois à la définition du roman d’amour et d’aventure :

« ... Je n’avais pas la moindre théorie quand je commençai à écrire, et je ne crois pas en avoir jamais eu quand une envie de roman m’a mis la plume à la main. Cela n’empêche pas que mes instincts ne m’aient fait, à mon insu, la théorie que je vais établir, que j’ai généralement suivie sans m’en rendre compte...
Selon cette théorie, le roman serait une œuvre de poésie autant que d’analyse. Il y faudrait des situations vraies et des caractères vrais, réels même, se groupant autour d’un type destiné à résumer le sentiment ou l’idée principale du livre. Ce type représente généralement la passion de l’amour, puisque presque tous les romans sont des histoires d’amour. Selon la théorie annoncée..., il faut idéaliser cet amour, ce type, par conséquent, et ne pas craindre de lui donner toutes les puissances dont on a l’inspiration en soi-même, ou toutes les douleurs dont on a vu ou senti la blessure. Mais en aucun cas, il ne faut l’avilir dans le hasard des évènements ; il faut qu’il meure ou triomphe, et on ne doit pas craindre de lui donner une importance exceptionnelle dans la vie, des forces au-dessus du vulgaire, des charmes ou des souffrances qui dépassent tout à fait l’habitude des choses humaines, et même un peu le vraisemblable admis par la plupart des intelligences.
En résumé, idéalisation du sentiment qui fait le sujet, en laissant à l’art du conteur le soin de placer ce sujet dans des conditions et dans un cadre de réalité assez sensible pour le faire ressortir, si, toutefois, c’est bien un roman qu’il veut faire... ».        George Sand
Merci madame, et pour vos romans d’amour et pour votre définition du roman d’amour que je fais mienne,   Gabrielle Dubois.
Ce qui a amusé Gabrielle Dubois, c’est de se rendre compte qu’un autre grand auteur de romans d’amour et d’aventure l’avait déjà fait et si bien !

 

roman aventure amour au 19ème siècle