Toulouse en petites Coupures, celles de l’enfance de Gabrielle Dubois. Dans ce recueil de souvenirs choisis par l’auteure, si l’incompréhension et la violence sont présents, les rires, la folie, l’humour sont aussi de la partie. Bienvenue dans la tête d’une enfant !
Née en 1967 dans la Ville Rose, Gabrielle Dubois grandit dans le quartier populaire des Minimes, là où, comme le chantait Claude Nougaro, même les mémés aiment la castagne. Aujourd'hui romancière, productrice et Founding General Partner de THE 51 FUND, maison américaine de production de films écrits et réalisés par des femmes, elle nous offre avec Toulouse en petites Coupures un recueil de mémoires d'auteur d'une sincérité désarmante.
« Petites coupures » : le titre dit tout. Ce sont des fragments choisis de souvenirs d'enfance, des instantanés saisis avec l'œil acéré d'une petite fille qui observe, questionne, s'étonne et encaisse. Mais ce sont aussi ces petites blessures, blessures de l'enfance qui ne saignent pas toujours, qui cicatrisent mal, et qui façonnent en silence l'adulte qu'on devient.
Dans cette autobiographie intime et vivante, Gabrielle Dubois replonge dans la tête de l'enfant qu'elle était : une enfant confrontée aux disputes cycliques des parents, aux mystères impénétrables des grandes personnes, aux absurdités du monde des adultes décortiqué avec une logique implacable et souvent désopilante. La guerre froide expliquée par les couleurs du journal télévisé, le chiffonnier ambulant dont le cri résonnait comme un brame de cerf, les deux écoles — l'une laïque, l'autre catholique — fréquentées en alternance sans que personne ne s'en offusque… Autant de scènes qui composent une fresque à la fois universelle et profondément toulousaine.
Car si l'incompréhension et la violence affleurent, le rire, la fantaisie et la tendresse ne sont jamais loin. Ces mémoires sont avant tout une invitation : entrez dans la tête d'une enfant, et retrouvez-y peut-être un peu de la vôtre.
Toulouse en petites Coupures — parce que les souvenirs d'enfance les plus vrais sont toujours les plus tranchants.
Gabrielle Dubois est membre des Rencontres des Auteurs Francophones.
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Extrait :
« Je n’avais peut-être pas deux ans. En tout cas, c’est mon premier souvenir. Papa et maman se sont disputés, c’est cyclique. Papa est encore parti en claquant la porte, la maison résonne d’une secousse sismique. Après les cris, on reprend son souffle pendant quelques secondes d’un silence traumatique. »
« Le premier mercredi du mois, du bout de la rue, résonnait, avec autant de puissance qu’un brame de cerf au fond des bois, le cri puissant et folklorique du Pégarot, qui nous plongeait dans une délicieuse panique. Que criait-il ? Eh bien... mais, c’est évident ! Il criait : Pééégaroooooot ! Pééégaroooooot ! Pééégaroooooot ! »
« Le jeudi, nous retournions à l’école, mais… laïque ou catholique ? Les parents, qui hésitaient sur ça, comme sur le reste, optèrent pour les deux. Pour nous, pendant quelques années, ç’avait été sortir de la maison et prendre à droite, pour remonter la rue du Caillou Gris vers l’école publique Frédéric Estèbe, près du Marché aux Cochons. Les années suivantes, nous prenions dans la rue Montaigne vers la gauche, et allions rue de la Sainte Famille, à l’école catholique du même nom. Les musiques cantiques ou nougariques étaient chantées indifféremment par les sceptiques ou les apostoliques qui vivaient aux Minimes en bonne intelligence. »
« Aux informations télévisées, le monde nous était présenté scindé en deux couleurs primaires et opposées.
Les États-Unis étaient bleus ; l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, rouge.
Giscard d’Estaing et le baron Empain, bleu ; la Fraction armée rouge allemande, rouge.
Aldo Moro, bleu ; les Brigades rouges, ...
Cela entraînait beaucoup de questions que je n’osais pas poser, comme : le téléphone rouge de Jimmy Carter était-il bleu chez Leonid Brejnev ? Ou bien : qu’est-ce qu’une fraction ? À cette question, je n’ai toujours pas de réponse, surtout pas après des profs de maths aient compliqué cette histoire ! mais c’est un autre sujet. »
« Nous logeons dans le vieil appartement au parquet couleur chêne foncé d’une tante de papa. Nouvelle découverte : des toilettes historiques, avec réservoir d’eau en fonte, en hauteur, et son antique chaînette !
Le lendemain matin, nous sonnons à l’appartement de M. Empire, le représentant dont maman disait qu’il était vieux-garçon. Je ne trouvais pas qu’il eût l’air plus vieux que papa et maman, et j’ajoutais ce mystère à ma liste. »
« Il y a eu des moments où nous étions dans le rouge, où papa était vert de rage, où maman était un cordon bleu mais, somme toute, nous ne riions jamais jaune et nous voyions la vie en rose. Et quand l’année avait été éprouvante, il y avait, à Noël, la couleur des oranges qu’on ne trouvait pas toujours dans les endroits les plus conventionnels… »
Elfie Saison 1:
Et si un pacte invraisemblable devenait le chemin vers la liberté ?
Paris, 1865, Elfie, jeune bourgeoise a fui un mariage arrangé. Angus, dramaturge, a fui le Royaume-Uni qui condamne l'homosexualité.