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Shayda, le film

Shayda, le film

 

En 2023, partout où il passe, le film Shayda, écrit, réalisé et coproduit par Noora Niasari, est applaudi.

Shayda, une mère iranienne courageuse, trouve refuge dans un centre d'accueil pour femmes en Australie avec sa fille de 6 ans. Pendant le Nouvel An persan, elles se consolent avec les rituels de Nowruz et les nouveaux départs, mais lorsque son mari, dont elles sont séparées, revient dans leur vie, le chemin de la liberté de Shayda est mis en péril.

Un mot de Noora Niasari :

"Je suis impressionnée par les millions de mères et de filles qui se battent pour leurs droits fondamentaux. Ce film est dédié à ma mère - qui a trouvé la liberté pour elle-même et pour sa fille en Australie - et aux femmes et filles courageuses d'Iran."

Shayda est également produit par The 51 FUND et Gabrielle Dubois.

 

Sundance, ÉTATS-UNIS :

Prix du public : Cinéma mondial dramatique

 

AUSTRALIE :

MIFF Festival international du film de Melbourne

"Le film Shayda -CinefestOZ- est le lauréat 2023 du prix du film le plus riche d'Australie, doté de 100 000 dollars par an, qui récompense l'excellence dans l'art cinématographique d'un long métrage australien ou d'un long métrage documentaire."

 

SUISSE :

Festival du film de Locarno

"Cate Blanchett, lauréate de deux Oscars et productrice exécutive de Shayda, le premier film de Noora Niasari, n'assistera pas à la projection de clôture du film, le 12 août, au Festival du film de Locarno, en signe de soutien à la grève de la SAG-AFTRA. Niasari et la star Zar Amir Ebrahimi assisteront à la projection du film au festival suisse.

"En tant que productrice exécutive, je ne pourrais pas être plus fière de Shayda, le remarquable premier film de l'Irano-australienne Noora Niasari, avec l'extraordinaire Zar Amir Ebrahimi", a déclaré Blanchett dans un communiqué à Deadline. "Je salue le travail de toute l'équipe de réalisation et je suis ravie que le film puisse être vu lors de la soirée de clôture du glorieux Festival de Locarno la semaine prochaine"."

Actualité par DEADLINE 

 

Le New York Times 

Shayda, l'un des films les plus attendus de l'automne 2023 

"Zar Amir Ebrahimi joue le rôle d'une femme iranienne résidant dans un refuge en Australie, qui cherche désespérément à empêcher son mari, dont elle est séparée, de reprendre leur enfant avec lui. Noora Niasari a écrit et réalisé le film. (1er décembre en salles)"

 

 

VARIETY 

 Shayda est un film de la course internationale aux Oscars :

"Le film a été présenté pour la première fois à Sundance en janvier. Il a récemment été projeté en ouverture du festival de Melbourne et à Locarno. Il a été sélectionné par Sony Pictures Classics pour une sortie nord-américaine et sortira en Australie en octobre par l'intermédiaire de Madman.

 

MOVIE WEB  

"J'ai réussi à prendre de la distance par rapport à ce film en le partageant avec le public", a déclaré Niasari à propos de sa tournée mondiale de Shayda. Nous étions au 19e étage de l'hôtel historique Fairmont Royal York, dans un salon qui surplombait le centre-ville et l'horizon au-delà des gratte-ciel. Il n'était pas difficile de se sentir au sommet du monde dans cette pièce, l'endroit idéal pour parler d'un film qui a fait des vagues dans tous les festivals jusqu'à présent. "Vous pouvez lentement lâcher prise et accepter le fait que ce n'est plus le vôtre - c'est celui du monde entier, et cela a été vraiment cathartique.

 

if.com.au

Shayda de Noora Niasari soumis à l'Oscar du meilleur film international

"Le film Shayda de Noora Niasari pourrait bientôt avoir une nouvelle chance de représenter l'Australie sur la scène internationale, après avoir été soumis pour la catégorie du meilleur film international lors de la cérémonie des Oscars de 2024.

 

Prochain rendez-vous pour Shayda :

Londres, Royaume-Uni au BFI London Film Festival 2023, octobre 2023

 

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SHAYDA

Shayda produced by Gabrielle Dubois

 

"Je suis très fière, en tant que productrice et Founding General Partner de The 51 Fund, d’avoir participé à la production de Shayda, film réalisé par Noora Niasari.

 

Shayda, une Iranienne vivant en Australie, trouve refuge dans un centre d'accueil pour femmes avec sa fille de 6 ans, Mona, effrayée. Ayant fui son mari, Hossein, et demandé le divorce, Shayda s'efforce de maintenir une vie normale pour Mona. Encouragée par l'approche de Nowruz (le nouvel an persan), elle tente de prendre un nouveau départ avec des libertés nouvelles et sans entraves. Mais lorsqu'un juge accorde à Hossein un droit de visite, il revient dans leur vie, alimentant la crainte de Shayda qu'il ne tente de ramener Mona en Iran."

 

Gabrielle Dubois, auteure.

 

 

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Harper Lee, Va et poste une sentinelle

Harper Lee, Va et poste une sentinelle

Années 1950. Jean Louise Finch, dite Scout,  est de retour à Maycomb, sa petite ville natale de l'Alabama, pour rendre visite à son père, Atticus. La nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l'a façonnée mais dont elle croit s'être affranchie en partant vivre à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit...

 

En 2015, Harper Lee  a créé la surprise en publiant un second roman, suite de l'incontournable best-seller, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, où l’on retrouve l'inoubliable héroïne Jean Louise, vingt ans après. Chronique douce-amère de l'adieu à l'enfance, entre tendresse et férocité, espoir et désenchantement, Va et poste une sentinelle a été écrit avant le livre culte, prix Pulitzer en 1961.

 

 

 

C’est un sujet terriblement humain que ce récit soulève brillamment :

 

Jean-Louise aime et admire son père Atticus, et Henry, son ami d’enfance, quasi un grand frère, mais un amoureux. Tous deux avocats, ils défendent aussi bien les Blancs que les Noirs, ils veulent la justice. Mais Jean Louise se rend compte qu’ils ne sont pas pour une franche égalité entre Noirs et Blancs. S’ils sont justes, à leur manière, polis, respectueux, non violents, ils sont aussi condescendants et pas convaincus que les Noirs peuvent être au niveau des Blancs.

 

C’est là tout le dilemme qui se pose à Jean Louise : doit-elle, peut-elle accepter, continuer à aimer des gens qui vont à l’encontre de ses convictions ? Rien ne l’y oblige : elle vit loin de sa ville natale, elle est financièrement indépendante. Mais avez-vous déjà essayé de renier totalement vos parents parce qu’ils manquent de droiture, parce qu’ils sont délibérément aveugle à des faits qui vous touchent, vous blessent, qui vous semblent ―que vous savez être― injustes ?

 

J’ai essayé. Ma réponse est personnelle. Celle de Jean Louise est dans ce beau livre.

 

Gabrielle Dubois

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Shayda acquis par Sony Pictures classics

Shayda acquis par Sony Pictures classics Texte Je suis heureuse d'annoncer que Shayda de Noora Niasari a été acquis par Sony Pictures classics après sa victoire au Sundance festival 2023! Shayda est produit par Dirty Films et par The 51Fund.

Je suis heureuse d'annoncer que Shayda de Noora Niasari a été acquis par Sony Pictures classics après sa victoire au Sundance festival 2023!

Shayda est produit par Dirty Films et par The 51Fund.

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Shayda a touché le public à Sundance

Shayda Sundance Noora Niasari The 51 Fund

 

Le festival du film de Sundance 2023 a décerné au film Shayda le Prix du Public (Audience Award). Cela promet une belle carrière à ce merveilleux film de Noora Niasari, et à son actrice principale Zar Amir Ebrahimi.

 

Shayda est un film écrit et réalisé par l’Australienne Noora Niasari. Elle y raconte son enfance avec sa mère, Iranienne, en Australie, qui a fui son mari Hossein et s’est réfugiée dans un foyer pour femmes. Vulnérabilité, beauté, conflits, courage, poésie, l’âme radieuse de la femme iranienne qui réclame des droits humains est dans Shayda.

 

Je suis fière d’avoir participé à la production de Shayda avec The 51 FUND, jeune maison de production de films écrits et réalisés par des femmes, dont déjà la moitié de ses films ont été primés à Sundance. Bravo !

 

« Il n'y a pas de meilleur témoignage de l'excellence d'un cinéaste que de toucher le cœur de ceux qui voient son film. Le public de Park City, Sundance, a été hypnotisé par les performances et ému aux larmes par l'histoire, la résilience des personnages et la beauté pure du film, » dit Lois Scott, de THE 51 FUND.

 

Shayda est aussi produit par les Dirty Films de Cate Blanchett.

 

Gabrielle Dubois

 

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Shayda, film de Noora Niasari.

Shayda, un film de Noora Niasari

Shayda, le long métrage irano-australien de Noora Niasari, sera présenté en avant-première lors de la soirée d'ouverture du Festival du film de Sundance 2023 et sera en compétition dans la catégorie World Cinema.

 

Shayda reflète la propre expérience de Noora, qui a déménagé en Australie lorsqu'elle était enfant, avec sa mère qui fuyait l'Iran. Dans une histoire intime, Noora montre comment une femme essaie d'élever seule un enfant, en honorant sa propre culture et en embrassant en même temps la toute nouvelle culture dans un pays étranger.

 

C'est d'une voix précieuse et sincère que vient le premier film attendu, Shayda, de la scénariste et réalisatrice Noora Niasari, avec l'actrice iranienne Zar Amir-Ebrahimi, un investissement majeur de Screen Australia en association avec The 51 Fund et une co-production de Cate Blanchett et sa société.

 

The 51 Fund (qui a produit Cusp) donne aux femmes une voix égale dans l'industrie du divertissement. Le fonds finance des longs métrages écrits, réalisés et/ou produits par des femmes. Leur objectif est de fournir des retours financiers et sociaux favorables aux investisseurs.

 

En tant que productrice, je suis très reconnaissante et heureuse de participer à Shayda, le premier long métrage de Noora Niasari.

 

Gabrielle Dubois

 

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George Sand à Nohant, Michelle Perrot

George Sand à Nohant, Michelle Perrot

 

Un livre copieux, réservé aux fans de George Sand, donc, parfait pour moi, surtout qu’il est de l’excellente Michelle Perrot.

 

Comme son titre l’indique, on ne parle de Sand qu’au travers de sa maison de Nohant: le lieu, le jardin, les fermes, les espaces intérieurs, la signification, les rêves de Sand, ses amis, ses amants, ses visiteurs, sa famille, ses occupations, son travail, ses loisirs, sa bibliothèque.

 

Sand écrit par goût, qu’elle expérimente dès son adolescence, mais aussi par nécessité financière, tout en restant honnête envers elle-même, ses convictions, ses goûts, sa liberté.

 

On connaît deux amants célèbres de Sand: Musset et Chopin. Mais on connaît moins le dernier, Manceau le discret, le seul, à mon avis à l’aimer totalement pour elle, pour ce qu’elle représente, pour sa littérature. Il est un soutien inébranlable de "Madame" comme il l’appelle affectueusement et respectueusement en public et dans ses carnets. Il vivront ensemble pendant quinze ans jusqu’à la mort de Manceau en 1865, onze ans avant celle de Sand.

 

Sand travaille, écrit, lit beaucoup, coud ses tentures, canapés et fauteuils, robes de ses petites filles, costumes des marionnettes de son fils, elle brode, jardine, bêche, se baigne régulièrement dans la rivière par tous temps, monte à cheval, gère son mari abruti et alcoolique, son divorce ses terres, sa maison, son "chauffage central", ses très nombreux invités, ses enfants, leur éducation, ses écrits, ses pièces de théâtre jouées à Paris, ses règles très douloureuses  et ses nombreux soucis de santé, les fermiers qui la volent, les jardiniers et employés qui se soulent avec son vin, les pauvres auxquels elle donne sans poser de questions, les paysannes auxquelles elle apprend à lire et écrire, certaines qu’elle dote pour qu’elles puissent se marier leur offre le mariage. Sa fille adoptive qu’elle élève et dote comme la sienne propre…

 

Bien sûr, Sand n’est pas parfaite (et c’est parfait pour moi!), mais elle a vécu, vécu et je l’admire. Elle a couvert son siècle, et avec quelle intelligence, quelle avance sur lui! Nohant, c’était George Sand, quand elle est morte, il est mort avec elle.

 

 

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Barracoon, Zora Neale Hurston

Barracoon, Zora Neale Hurston

 

Alors là, je ne suis pas d’accord!

 

Voici le quatrième de couverture de ce livre:

 

"En 1927, la jeune anthropologue Zora Neale Hurston part en Alabama rencontrer Cudjo Lewis. À quatre-vingt-six ans, Cudjo est l’ultime survivant du dernier convoi négrier qui a quitté les côtes du Dahomey pour l’Amérique. Pendant des mois, Zora Neale Hurston va recueillir sa parole, devenir son amie, partager ses souffrances. Le témoignage de Cudjo restitue comme nul autre la condition d’un esclave: de sa capture en 1859 à sa terrifiante traversée, de ses années d’esclavage jusqu’à la guerre de Sécession, puis son combat pour son émancipation."

 

Alors, mettons les choses au clair avant que je vous donne mon avis: je suis contre l’esclavage, quels que soient ces origines, pays, races, formes et sexes.

 

Ceci posé, ce magnifique et émouvant récit, tant pour le témoignage en lui-même, la personne qui recueille, celle qui l’aide à le recueillir, que pour la personnalité de Cudjo ce "dernier esclave", et les conditions dans lesquels il est interrogé.

 

Là où je ne suis pas d’accord, c’est sur la présentation montrée plus haut. Cudjo, homme simple sans "éducation occidentale", commence, de façon fort intelligente par raconter l’histoire de son grand-père et de son père parce que, dit-il: "Je ne peux pas te parler de l’homme qui est le père si je n’ai pas parlé de l’homme qui est son père." Et il a tout à fait raison. Chacun de nous ne peut être compris ou ne peut se comprendre que quand il a appris l’histoire de ses parents et grands-parents, ou leur absence.

 

Donc Cudjo raconte son père et son grand-père en Afrique. D’une part ce récit, qui raconte la vie de cet Africain en Afrique jusqu’à ses 19 ans, prend la moitié ou plus du témoignage; d’autre part, il décrit un monde d’une violence insupportable: guerres sanglantes entre villages ou royaumes, attaques à la machette, têtes décapitées portées en triomphe au bout des lances, justice horrible où un homme qui a (peut-être) tué un autre est condamné à mourir sur la place du village, attaché bien serré face à face avec le mort, bouche contre bouche, nez contre nez. Le jugé coupable est toujours vivant, imaginez l’horreur! Mais il est considéré comme mort, alors, s’il pleure, implore pitié, demande à boire, personne ne lui répond, on passe à côté de ce couple macabre comme s’ils étaient déjà en terre. Que dire du sort des femmes? Si tu es un homme riche, tu peux en acheter plusieurs, de celles qui sont passée par la case grasse, tu sais, ses cases où on engraisse les adolescentes pendant des mois, jusqu’à deux ans, pour qu’elles deviennent si grasses qu’elles en perdent la santé, et la santé mentale sans doute. Le grand-père ou le père de Cudjo, je ne sais plus, a acheté une de ces pauvres adolescentes engraissées qui, malheureusement ou heureusement pour elle aurais-je envie de dire, est morte quelques semaines après. Voici les lamentations du "mari" quand il l’apprend: "Tous mes biens perdus pour elle! J’ai payé gros pour elle. Je l’ai engraissée et maintenant elle est morte! Je perds gros, là!".

 

C’est après une razzia sanglante dans le village de Cudjo qu’il est fait prisonnier par le roi africain vainqueur. S’en suit une longue marche de plusieurs jours ou semaines, où lui est les autres esclaves enchaînés sont ramenés vers le village vainqueur. Là, ils sont vendus à un Portugais qui va les amener jusqu’à la côte Atlantique, puis navire négrier jusqu’aux États-Unis.

 

Cudjo sera esclave pendant cinq ans, jusqu’à la Guerre de Sécession qui le libère. Il épouse une ancienne esclave, venue par le même bateau que lui. Mais il ne l’épouse pas comme son père et son grand-père avaient pris leurs épouses, non. Il lui demande si elle est d’accord, elle l’est. "Alors on vit ensemble et on fait tout ce qu’on peut, nous deux, pour se donner du bonheur."

 

Alors certes, tout n’est pas rose, loin de là. Quand un Blanc frappe ou tue un Noir, la Justice a pour nom Injustice. Et je vous laisse découvrir le reste du récit.

 

Deux choses m’agacent :

 

Premièrement, ce quatrième de couverture qui efface tout un pan de l’Histoire pour ne culpabiliser qu’une partie des esclavagistes. Des esclavagistes blancs ont été horribles et injustes, oui, et ce témoignage a une grande valeur et il est bien qu’il soit édité. Mais cela ne doit pas masquer la réalité d’un monde africain, dans certaines régions, à certaines époques, qui était tout aussi horrible.

 

Deuxièmement, je suis sûre que si des sociétés si inhumaines ou injustes ou inégalitaires pour les femmes ne sont pas à l’origine de toutes sortes d’horreurs. En fait, j’en suis quasiment sûre.

 

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Une farouche liberté, Gisèle Halimi

Gisèle Halimi Une farouche liberté

 

Un livre court qui retrace sous forme d’interview la vie de Gisèle Halimi racontée par elle-même.

 

J’avais déjà lu des textes de Gisèle Halimi et quelques bribes de sa vie, aussi n’étais-je pas en terre totalement inconnue. Je recommande ce livre à toutes celles et ceux qui voudraient connaître (brièvement mais passionnément) la vie de l’auteure (1927-2020).

 

Quelle femme forte, héroïque, courageuse, éprise de justice et tout cela avec un grand cœur, en entraînant avec elles les femmes du monde entier! Quelle héroïne! Quel courage! Je suis en admiration totale, mes mots ne sauraient assez lui rendre hommage.

 

Ce qu’elle attend des femmes du 21ème siècle, dans le dernier chapitre du livre est vraiment à lire, à s’imprégner, à s’enfoncer dans le crâne!

 

"J’attends que les femmes fassent la révolution des mœurs, des esprits, des mentalités. Un changement radical dans les rapports humains, fondés depuis des millénaires sur le patriarcat: domination des hommes, soumission des femmes. Ce système n’est plus acceptable, il est même devenu grotesque."

 

"Qui pourrait affirmer que nos sociétés sont désormais égalitaires?... La table des négociations à Matignon? Celle des discussions de paix sur la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan? Des hommes, des hommes, des hommes. En 2020, c’est consternant. Nous restons reléguées au second rang, inessentielles derrière les essentiels."

 

"On (les féministes) a bien déblayé le terrain. Mais il faut une relève à qui tendre le flambeau. Si on arrête, on est foutues. Car les droits des femmes sont toujours en danger."

 

Vous voulez savoir pourquoi et comment? Lisez le livre! Il est lumineux comme son auteure.

 

Gabrielle Dubois

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Mémoires de la Marquise de la Tour du Pin, l’occasion d’un coup de gueule!

Mémoires de la Marquise de la Tour du Pin

 

C’est la vie d’une femme racontée par elle-même, une vie qui est un roman d’aventures au milieu de la tourmente de la Révolution et des années de terreur qui vont suivre. On découvre surtout une femme forte, qui s’adapte aux aléas de l’Histoire qu’on apprend au passage. Une femme bonne avant tout qui, si elle perçoit les gens au travers de la vison qu’en a son siècle, n’en a pas moins son ressenti personnel qui n’est jamais supérieur, mais compatissant, plein de cœur.

 

Alors évidemment, avec le titre Mémoires de la Marquise de la Tour du Pin, écrites par elle-même, on peut avoir un a priori du genre: Oui, c’est bon, la marquise est née avec une cuillère en argent, on ne va pas la plaindre alors que le peuple n’était pas dans l’opulence, loin de là. Oui, c’est vrai.

 

Mais que dire de son enfance et adolescence sous la coupe d’une grand-mère méchante tant psychologiquement que physiquement? D’oncles évêques débauchés et corrompus qui donnaient le pire des exemples? D’un mariage qu’elle accepte parce que le nom du futur et son allure, qu’elle aperçoit cachée derrière un rideau, ne lui déplaisent pas?

 

Henriette-Lucy a soif d’apprendre dans les livres, mais aussi tout ce qu’elle peut apprendre et qui est à sa portée: elle va dans les cuisines, dans la buanderie, dans le jardin. Elle n’hésite pas à cuisiner, coudre, bêcher. Et tout cela lui servira quand elle devra partir en exil aux États-Unis, après 1791, où elle travaillera à sa propre ferme, non pas comme une Marie-Antoinette dans son Petit Trianon, mais comme une vraie fermière, levée et couchée en même temps que le soleil, faisant elle-même sa lessive, sa crème, son beurre, son cidre, fabricant et cousant les vêtements de toute la famille, travailleurs inclus, etc….

 

La marquise détaille son quotidien, les tractations des notaires avant son mariage, les conditions des voyages en France, l’étiquette de la cour de Marie-Antoinette dont elle devient une des dames de compagnie, les mœurs dépravées des hauts personnages d’Église, les enfantements longs et douloureux, enfant mort-né ou mort subitement de maladie âgé de deux ans, les fausses couches qui entraînent des fièvres puerpérales, les femmes réclamant du pain arrivant à Versailles, les voyages longs et éprouvants alors qu’elle est enceinte, la Terreur qui guillotine un mari et père devant sa femme coincée dans un carcan de bois juste en face pour l’obliger à regarder, et ses enfants attachés à leur mère de même. De tout cela, de Napoléon et Joséphine qui la veulent dans leurs salons et qu’elle côtoie intimement, et de tant d’autres choses, la Marquise de la Tour du Pin est le témoin direct.

 

Historiquement, c’est passionnant et surprenant, ça se lit comme un Dumas, même mieux parce que c’est du vécu et qu’il y a la bonté d’une femme, sa compassion, sa compréhension de sa société et des personnes qu’elle croise, malgré une vision de son siècle: ses "amis les sauvages", Indiens d’Amérique avec lesquels elle commerce en bonne intelligence, ses voisines les fermières, desquelles elle adopte les jupes rustiques et solides, les esclaves: elle en aura trois, qu’elle achète à un horrible maître, grâce à quoi elle réunit une famille, mari, femme, enfant, père, séparés depuis trois ans et auxquels elle offrira officiellement la liberté avant de rentrer en France, ce qui ne sera pas du goût de tous. Puis vient le temps de Napoléon, trahisons, faux-semblants, ralliement, il faut survivre dans ce monde pour assurer son présent et surtout l’avenir de ses enfants.

 

Bref, je lis, je me régale et je me dis: Mais pourquoi n’est-elle pas dans les manuels scolaires des sections littéraires? Mais pourquoi ne montre-t-on pas cet exemple d’écriture délicate, de force, de volonté, d’adaptabilité, d’amour, de courage, de ténacité, de bonté? Pourquoi toujours Dumas, Flaubert, Hugo, Balzac? Pourquoi le passionnant témoignage de cette femme est-il ignoré? Ça m’énerve! 

 

Gabrielle Dubois

 

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Cher Ange, Nancy Mitford

nancy Mitford Le cher ange

 

J’avais lu il y a des années, ‘À la poursuite de l’Amour’ et ‘L’Amour dans un climat froid’ qui m’avaient bien plu. Mais je dois dire que j’ai peiné à lire ce ‘Cher Ange’.

L’écriture est extra, l’humour anglais des plus plaisants, mais l’histoire de ce couple aristocratique, futile et inutile m’a totalement désintéressée.

Combien y a-t-il de Ducs en Angleterre, pourquoi il faut porter la couleur marron quand on voyage, font-ils des encolures montantes chez Dior maintenant, et tous ces affreux parents qui partent à Venise en été parce qu’ils sont fatigués d’avoir assisté à trop de cocktails, soirées et dîners à Paris et qui n’emmènent surtout pas leurs enfants, où seraient le repos, sinon?

Et le couple aristocratique principal? La femme, une Anglaise, est une rose qui se laisse déposer dans un joli vase et attend bêtement qu’on l’arrose d’eau fraîche et sucrée pour fleurir gracieusement, le mari, un Français, lui, arrose plusieurs vases mais… il aime sa femme! Mystère…

Au bout de quelques années, la femme ouvre les yeux. Séparation, mais ils s’aiment toujours. Leur unique fils, Sigismond, ne trouve que des avantages à vivre avec maman d’un côté et papa de l’autre. Du coup, il va manigancer tout un tas d’histoires pour que ses parents ne se remettent pas ensemble. Mais tout est bien qui finit gentiment bien dans un monde de personnes civilisées, cultivées et fortunées.

On reste avec ce ‘Cher Ange’ à la surface des choses, des sentiments, de la vie et ses déboires, de la société et ses disfonctionnements… Ou bien, je n’aurais pas dû lire ce livre pendant les semaines où j’ai été malade, peut-être suis-je passée à côté?

 

Allez, quelques extraits pour ne pas se quitter fâchées:

 

"Les maisons sont tout autres quand nous les connaissons bien. Le premier contact les rend encore plus trompeuses quant à leur véritable caractère, que les êtres humains. On ne peut avoir qu’un sentiment général"

 

Humour noir quand la femme tisse ou brode un énorme tapis de ses propres mains:

"Charles-Édouard se plaisait à la voir coudre… Il était pourtant décidé à ce qu’il arrive quelque accident terrible à ce tapis, le jour même où il serait achevé: un flot d’encre indélébile ou une brûlure étendue. Il n’était pas homme à s’attacher à un objet pour des raisons sentimentales, surtout pas à un tapis aussi grand et laid."

 

"J’étais en train de lire ‘La petite Princesse’ quand maman est morte… un souvenir qu’elle trouvait toujours très troublant. La petite fille qu’elle avait été, le nez enfoui dans son livre, avait senti qu’elle aurait dû être triste et pourtant tout ce qu’elle souhaitait était poursuivre sa lecture."

 

L’enfant: "M. l’abbé me raconte des histoires formidables sur les Romains de l’Antiquité et j’ai une nouvelle idée pour Nanny. Si on la mettait dans une arène avec un ours particulièrement féroce?

Réponse de la mère, pratique: "Oh, la pauvre! Où trouveras-tu un ours?"

 

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Investir de manière rentable et équitable

THE 51 FUND Gabrielle Dubois

Les films réalisés par des femmes rapportent plus d'argent, mais Hollywood ne les produit pas.

 

Les femmes ont les histoires.

Les femmes ont le talent. 

Maintenant, donnons-leur l'opportunité.

Le 51 Fund a pour mission de donner aux femmes une voix égale dans l'industrie du divertissement. Nous sommes un fonds d'investissement privé qui finance des longs métrages de tous genres écrits, réalisés et/ou produits par des femmes. Notre objectif est d'offrir des rendements financiers et sociaux favorables aux investisseurs, tout en nous associant aux créatrices et réalisatrices les plus passionnantes du moment.

 

L'équipe du 51 FUND

 

Lois Scott est cadre supérieur dans la finance, entrepreneure et un leader civique. L'expérience fonctionnelle de Lois comprend la stratégie financière et commerciale, la stimulation de la croissance des revenus et de la rentabilité, les relations avec les investisseurs, les redressements financiers et la gestion des actifs et des passifs. De 2011 à 2015, Lois a occupé le poste de directrice financière de la ville de Chicago, première femme à occuper ce poste. Lois et l'équipe financière de la ville étaient responsables d'un budget annuel de 7,5 milliards de dollars et d'actifs de 32 milliards de dollars.

 

Lindsay Lanzillotta est une productrice indépendante qui s'est distinguée par son soutien aux cinéastes et la découverte de nouveaux talents. Elle a été productrice principale du premier projet de Candleridge Entertainment avec un cinéaste de talent émergent, THE VICIOUS KIND de Lee Toland Krieger, avec Adam Scott, JK Simmons et Brittany Snow. Sélection officielle du festival du film de Sundance, ce film a été nommé pour deux Film Independent Spirit Awards dans les catégories Meilleur scénario et Meilleur rôle masculin.  Lindsay continue de développer divers projets avec des réalisateurs indépendants émergents et établis.

 

Caitlin Gold possède une vaste expérience dans le développement, la production, l'évaluation, le marketing, la vente et l'acquisition de films de tous genres et de tous budgets. Elle est la fondatrice de la société de développement et de production basée à New York, Tanbark Pictures, et productrice.  Elle travaille dans la distribution de films depuis 2013 et a été responsable des acquisitions dans deux sociétés de distribution, Candy Factory Films et Seed&Spark, et a géré les ventes de divertissement à domicile chez Lionsgate.

 

Naomi McDougall Jones est une scénariste, actrice, productrice et militante de la cause des femmes dans le cinéma, primée. Avant son deuxième long métrage, BITE ME, Naomi a également écrit, produit et joué dans IMAGINE I'M BEAUTIFUL. Elle défend la cause de la parité hommes-femmes au cinéma. Elle a donné une conférence TED sensationnelle, What it's Like to Be a Woman in Hollywood, qui a été visionnée plus d'un million de fois. Son livre The Wrong Kind of Woman: Dismantling the Gods of Hollywood, est publié.

 

Nivedita Kulkarni est un écrivain, une actrice, une comédienne et une femme d'affaires. Elle écrit, produit et joue dans des spectacles comiques à New York depuis 2009. Elle travaille en tant que lectrice de scénarios depuis 2016. Elle est actuellement la fondatrice et présidente de l'organisation à but non lucratif Asian American Script Lab, qui développe des scénarios avec des personnages principaux américains d'origine asiatique. Elle a été l'assistante du directeur financier et du directeur juridique de ViacomCBS Networks International, a travaillé dans le domaine du capital-investissement chez Atalaya Capital Management et LS Power. Nivedita a fondé et dirige la société Nuva.io, une plateforme de mise en réseau pour les femmes dans l'industrie du divertissement. Ancienne mathématicienne de compétition, elle est titulaire d'un diplôme en marketing et en économie.

 

gabrielle.dubois.31@gmail.com

 

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Shari Lewis et Lamb Chop

Shari Lewis The 51 Fund Gabrielle Dubois


Lu dans Variety

"Shari Lewis and Lamb Chop Documentary Set at White Horse Pictures, MoJo Global Arts.

La ventriloque américaine bien-aimée Shari Lewis et sa populaire marionnette à chaussettes Lamb Chop feront l'objet d'un nouveau documentaire.

Jeune ventriloque aux grandes aspirations, Shari Lewis était à la recherche d'une voix capable de dire des choses qu'une jeune femme des années 50 ne pouvait pas dire, et elle l'a trouvée dans une marionnette nommée Lamb Chop. "La vie et la carrière exceptionnelles de Shari Lewis sont si inspirantes et pertinentes pour les conversations culturelles que nous avons aujourd'hui", a déclaré Hartmann.

Concord Originals finance le film avec Olive Hill Media, le 51 Fund et Carlene Laughlin.

The 51 Fund, une nouvelle société de financement qui investit dans les films réalisés par des femmes, a récemment assuré la production exécutive du long métrage documentaire "CUSP" de Parker Hill et Isabel Bethencourt, primé au festival Sundance de cette année et diffusé par Showtime."

 
The 51 fund

Cusp

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Lavinia, de George Sand

George Sand, Lavinia


1825. George Sand, jeune mariée et mère de Maurice, deux ans, passe l’été à Cauterets, dans les Pyrénées. Elle ne suit pas la cure thermale, mais, avec des compagnons de vacances sur place, elle arpente à cheval les montagnes. De cet été elle gardera toujours un souvenir fort et émerveillé… d’autant plus que son mariage bat déjà de l’aile (son mari, si vous voulez mon avis, était un sombre abruti!), et que Sand y connaît son premier amour platonique…

Lavinia, écrit en 1833, est une nouvelle qui a pour décor les Pyrénées dans les années 1820. Dans sa jeunesse, Lavinia a aimé Lionel qui l’a compromise et abandonnée. Lavinia a ensuite épousé un vieux qui a eu la décence de mourir à peine quelques années plus tard.

Dix ans après l’abandon de Lionel, il réapparaît, sur le point d’épouser une femme parfaite sous tous rapports. Mais il revoit Lavinia. Il l’avait imaginée vieillie (eh, oui, elle a bien 28 ans, pauvre vieille!), triste ou aigrie, mais elle a embelli, elle est sage, posée, tranquille. Lionel s’intéresse de nouveau à elle, d’autant plus qu’un autre homme, jeune, riche, beau, la demande en mariage. Et si Lionel ne peut pas avoir Lavinia, il admet encore moins qu’un autre puisse l’avoir!

Voici notre Lavinia, tiraillée entre deux excellents partis. Lequel va-t-elle choisir? Ben…, lisez cette nouvelle et vous serez surprises(is)!

Comme toujours dans les romans de Sand, on ne peut voir qu’une histoire qui se répète somme toute d’un siècle à l’autre, sauf que… sauf que Sand, brillant esprit, possède l’art et la manière et sème, non seulement des phrases pleines d’esprit et d’humour, mais aussi un féminisme subtil et bien observé, dont vous aurez la preuve si vous lisez Lavinia. Mais je vous l’ai déjà dit, non?

Extrait:

"Je suis invulnérable," dit Lavinia. "Cette femme tant décriée pour l’erreur de sa jeunesse est entourée désormais d’un rempart plus solide que la vertu: la méfiance."


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Les Femmes ou les Silences de l'Histoire, Michelle Perrot

Les Femmes ou les Silences de l'Histoire, Michelle Perrot

Première édition 1998.
Introduction:

«Silencieuses, les femmes? Mais on entend qu’elles, diront certains de nos contemporains qui éprouvent jusqu’à l’angoisse l’impression de leur irrésistible ascension et de leur parole envahissante. «Elles, elles, elles, toujours elles, voraces, pépiantes…» mais plus seulement dans les salons de thé, débordant désormais du privé au public, de l’enseignement au prétoire, des couvents aux médias et même au Parlement!

Certes. L’irruption d’une présence et d’une parole féminines en des lieux qui leur étaient jusque-là interdits, ou peu familiers, est une innovation du dernier demi-siècle (le 20ème) qui change l’horizon sonore. Il subsiste pourtant bien des zones muettes et, en ce qui concerne le passé, un océan de silence, lié au partage inégal des traces, de la mémoire et, plus encore, de l’Histoire, ce récit qui, si longtemps, a «oublié» les femmes, comme si, vouées à l’obscurité de la reproduction, inénarrable, elles étaient hors du temps, du moins hors évènement.

Au commencement était le Verbe, mais le Verbe était Dieu et Homme. Le silence est l’ordinaire des femmes. Il convient à leur position seconde et subordonnée. (…)

Le silence est un commandement réitéré à travers les siècles par les religions, les systèmes politiques et les manuels de savoir-vivre. (…)

Parce qu’elles apparaissent moins dans l’espace public, objet majeur de l’observation et du récit, on parle peu d’elles, et ce, d’autant moins que le récitant est un homme qui s’accommode d’une coutumière absence, use d’un masculin universel, de stéréotypes globalisants ou de l’unicité supposée d’un genre : LA FEMME. (…) Les femmes sont imaginées beaucoup plus que décrites ou racontées, et faire leur histoire, c’est d’abord, inévitablement, se heurter à ce bloc de représentations qui les recouvrent et qu’il faut nécessairement analyser, sans savoir comment elles-mêmes les voyaient et les vivaient…

C’est le regard qui fait l’Histoire. Au cœur de tout récit historique, il y a la volonté de savoir. En ce qui concerne les femmes, elle a longtemps manqué. Écrire l’histoire des femmes suppose qu’on les prenne au sérieux, qu’on accorde au rapport des sexes un poids, même relatif, dans les évènements ou dans l’évolution des sociétés. (…)

Ce livre est une réunion d’articles sur l’histoire des femmes. »

Page 138, au 19ème siècle, la situation des femmes ouvrières, payées deux fois moins que les hommes est grave :

« Mourir de faim ou perdre son honneur. »

Page 227 ;

«Une femme ne doit pas sortir du cercle étroit tracé autour d’elle», dit Marie-Reine Guindorf, ouvrière, saint-simonienne, acharnée à briser cet enfermement et qui se suicidera de cet échec. Les hommes du 19ème siècle, ont en effet, tenter d’endiguer cette puissance montante des femmes, si fortement ressentie à l’ère des Lumières et dans les Révolutions, dont on leur attribuerait volontiers les malheurs, non seulement en les enfermant à la maison, et en les excluant de certains domaines d’activité — la création littéraire et artistique, la production industrielle et les échanges, la politique et l’histoire — mais plus encore en canalisant leur énergie vers le domestique revalorisé, voire vers le social domestiqué.

Des espaces qui leur étaient laissés ou confiés, des femmes ont pu s’emparer pour développer leur influence jusqu’aux portes du pouvoir. Elles y ont trouvé les linéaments d’une culture, matrice d’une «conscience de genre».  Elles ont aussi tenté d’en sortir pour avoir enfin place partout. Sortir physiquement: déambuler hors de chez soi, dans la rue, pénétrer les lieux interdits — un café, un meeting — voyager. Sortir moralement des rôles assignés, se faire une opinion, passer de l’assujettissement à l’indépendance: ce qui peut se faire dans le public comme dans le privé.»

Ce livre est une réunions d’articles de Michelle Perrot sur l’Histoire des femmes qu’elle cherche dans leurs écrits privés (journaux intimes, correspondances), dans les archives des mairies, Église, police, syndicats d’ouvriers…
Patiemment, inlassablement, elle nous livre l’Histoire des femmes et c’est passionnant comme lire plusieurs romans les uns à la suite des autres.


Gabrielle Dubois

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Le chant d'amour, Marcia Davenport

Le chant d'amour, Marcia Davenport

Le roman :
Après des débuts modestes en tant que paysanne slave, Lena Geyer est devenue l'une des plus grandes chanteuses de tous les temps et a atteint les sommets du monde musical. Son histoire a été recueillie auprès de ceux qui la connaissaient le mieux: son maître de musique chéri Pizzetti, son confident le plus proche, son mari et son manager. Il en ressort la vie complexe et difficile d'une femme qui n'avait pas peur de viser les étoiles... et de les atteindre!
L'auteure:
Marcia Davenport (née Marcia Glick 1903 -1996) était auteure et critique musicale américaine. Surtout connue pour sa biographie de Mozart publiée en 1932, première biographie américaine de Mozart. Davenport est également connue pour ses romans The Valley of Decision et East Side, West Side, qui ont tous deux été adaptés au cinéma en 1945 et 1949. Elle est la fille de la célèbre chanteuse d'opéra Alma Glück dont est en grande partie inspirée le personnage du roman Le Chant d'Amour.
À lire pour comprendre tout ce qu'on peut être capable de sacrifier pour son art ou sa vocation ou sa conviction, pour admettre que les femmes aussi ont le droit de sacrifier beaucoup pour leurs convictions!


Gabrielle Dubois

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CUSP, quand le silence des filles devient criant!

Partout où il passe, CUSP, film produit entre autres par Gabrielle Dubois et THE 51 FUND. rafle les récompenses, aussi sera-t-il bientôt visible en France!

Le célèbre SUNDANCE, Festival américain du film indépendant, lui a décerné le Prix spécial du jury pour les Cinéastes émergents. Bravo à Parker Hill et Isabel Bethencourt!

Au Champs Élysées Film Festival 2021 CUSP a gagné le Prix du Jury du meilleur Long Métrage Américain Indépendant.

CUSP est sélectionné au Film Festival d’Austin, Texas en novembre 2021.

En avril 2021, Showtime Documentary Films a acquis les droits de distribution du film.

 

Lien vers le wikipedia de CUPS :

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Annpôl Kassis, Les Disparues de l'Amphitrite

Annpôl Kassis, Les Disparues de l'Amphitrite

Annpôl Kassis est Linguiste-didactitienne spécialisée dans l’enseignement du français/langue à l’Université Paris III et à l’étranger . Elle s’est toujours penchée sur les souffrances des femmes et des enfants.

Ce livre est une enquête sur une histoire vraie vécue par des femmes britanniques déportées vers l’Australie et mortes lors du naufrage du bateau. Le navire L’Amphitrite sombra au large de Boulogne-sur-Mer en 1833, engloutissant 102 femmes, leurs enfants et l’équipage.

Extrait d’un journal anglais de l’époque:

"Horrible naufrage : le capitaine du navire abandonne sa cargaison de femmes déportées, estimant qu’il n’était autorisé à les débarquer qu’à Botany Bay, Nouvelle-Galles du Sud, Australie."

Quelles femmes, quels êtres au monde méritaient un tel traitement? Annpôl Kassis retrouve les traces et les histoires de chacune de ces femmes, comprend leurs destins piégés dans la trame de la si belle société britannique qui les a rejetées et de la société française que les sauveteurs en mer auraient pu sauver.

De sombres et tragiques destins de femmes, une lecture de la société anglaise du 19ème siècle industriel qui plonge femmes et enfants dans la misère et les en blâme.

PS: Ce n’était guère mieux en France…

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François le champi, George Sand

François le champi, George Sand

Relecture après… quelques décennies, mais c’est toujours un tel bonheur de lire ou relire George Sand.

Ce roman peut sembler juste charmant, et il l’est, mais il est plus que cela. L’amour en est le sujet, sous toutes ses formes : maternel, conjugal… le désamour aussi, la méchanceté, la médisance des âmes qui ne se suffisent pas à elles-mêmes, qui se sentent ou se croient pauvres, mal aimées ou inférieures et qui imaginent qu’en rendant misérables d’autres âmes, elles les mettront à égalité avec elles. Quand elles ont affaire à un humain qui fait le mauvais choix, elles peuvent l’entraîner avec elles. Mais quand elles croisent sur leur chemin un être doux mais fort, un être résistant qui malgré toutes les tentations, toutes les souffrances physiques ou morales choisit l’honnêteté, l’amour de son prochain, garde la conscience du bien, du beau et du bon, alors les êtres vils sont battus d’avance. Peut-être pas dans l’immédiat, peut-être pas même avant leur mort, mais leur bonté aura rayonné et fait perdurer le bien à d’autres générations.

George Sand ne faisait aucune confiance en l’Église, mais elle croyait en Dieu. Un Dieu de bonté qui n’envoyait pas la pluie demandée par le paysan pour ses champs, qui n’envoyait pas l’or réclamé par l’homme avide ou feignant. Non, Sand croyait en un Dieu qui vous envoyait la force demandée pour vivre ou survivre dans un monde dont les hommes ou la nature peuvent quelques fois sembler injustes.

François le champi est un roman émouvant. S’il a été jugé gentil, bon pour les enfants ou tout autre qualificatif péjoratif dans certaines bouches, c’est parce qu’il prône la bonté. Mais la bonté n’est pas une qualité de personne faible, loin de là! Il en faut de la force, de la volonté pour rester bon dans un monde méchant, pour vaincre le mal, la tentation du facile, et faire régner l’amour.

Et surprise du roman, et grande force de romancière de Sand, l’amour qui va gagner n’est pas celui qu’on pourrait croire, et surtout pas celui que son 19ème siècle a dû croire! L’amour n’a pas toujours le visage d’une jeune et très jolie jeune fille aux joues roses. Parfois, le cœur du beau héros n’est pas gagné par la beauté d’un corps frais, mais par l’âme et le cœur qui se cache dans une enveloppe humble et sans fard.

Et encore des personnages masculins et féminins bien campés, différents de caractères, de choix de vie, aux réactions cohérentes. C’est sans doute ce qui a fait oublier George Sand pendant plus d’un siècle: c’est qu’il n’y a pas dans ses romans un seul personnage de femme: jeune, gentil, joli, ou même deux, si l’on y ajoute une méchante femme. Non, chez Sand, la femme n’est pas un type général: chacune est différente de l’autre de même que les hommes ne sont pas tous les mêmes.

Il y a même dans ce roman-ci un  personnage de femme, Zabelle, qui oscille entre ses bons et ses mauvais penchants, ou plutôt entre son cœur qui a besoin de force pour se faire entendre et la faiblesse d’une Zabelle épuisée par une vie de misère et qui la tire vers des choix peu glorieux. Mais est-ce que la société (lectrice donc éduquée) du 19ème siècle était prête à admettre un tel tiraillement de la part d’une femme, la femme étant un être bon qui devait tout endurer sans broncher ? Et admettre que les mauvais choix de Zabelle étaient dus à son découragement face à la misère était admettre que la société ne fonctionnait pas de la même façon pour tous. Difficile…

Et Blanchet? De la mauvaise graine, comme on disait! Mais Sand, lucide, n’en fait pas une fatalité: elle le replace toujours face à des choix. Libre à lui de choisir le bien, le cœur. S’il ne le fait pas, tant pis pour lui, il n’aura jamais connu ni l’amour ni l’amitié.

Et le féminisme dans tout ça? Il est à chaque page, entre les lignes. Il est dans la force des femmes, dans la lecture de sa société qui ne leur offre aucune loi pour se défendre contre des hommes mauvais, dans les opinions fortes et tenaces de cette société d’hommes et de femmes qui ne donne qu’un rôle aux femmes et le même pour toutes, et qui condamne tout chemin en dehors des sentiers battus. Le féminisme est dans certains personnages masculins: un bon père qui ne veut que le bonheur de sa fille, un champi qui est critiqué d’aimer comme une fille, mais qui n’écoute que son cœur qui aime.

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La joie du Matin, Betty Smith

La joie du matin, Betty Smith

1827, États-Unis. Annie, 18 ans, a arrêté l’école à 14 ans pour travailler. Carl, 20 ans, vient d’une famille ouvrière pauvre qui l’a poussé jusqu’à l’université de droit, qui n’est pas gratuite. Carl est très intelligent, étudie assidûment en cumulant deux jobs pour survivre quand Annie  et lui se marient par amour.

Tous deux sont ignorants de la vie à deux. Le premier jour, Carl s’avère brutal et impatient au début, alors qu’il est en même temps plein d’amour et de respect pour sa jeune épouse. Mais Annie est compréhensive mais surtout droite et sans compromis et lui met de suite les points sur les i. Naïve mais opiniâtre, elle n’accepte aucun comportement qui pourrait la blesser. Alors comment se fait-il qu’elle reste avec Carl ?

C’est qu’Annie est fine, très fine, plus fine que Carl. Si lui n’a pas réfléchi aux comportements masculins acceptés, elle, par contre, a un sens inné de la justice, de sa place: celle que sa famille et la société voudrait lui assigner à l’opposé de celle qu’inconsciemment elle sent être la sienne.

Survivre de petits boulots; partager à deux une unique chambre chez une logeuse; observer ce monde universitaire qui semble inaccessible à Annie sans argent ni éducation; mais tout faire, obstinément, avec gentillesse et respect, pour concilier mariage (heureux !) et études de Carl promesses d’avenir; trouver le moyen de s’éduquer elle-même avec le soutien inconditionnel de son jeune mari; c’est la vie d’Annie, une féministe tout en douceur.

Certains trouvent ce roman trop «gentil», pas moi.

La joie du matin est un exemple à suivre, non pas d’optimisme imbécile, ni d’acceptation aveugle de son sort, non. C’est une illustration de ce que peut être la vie quand on ne la prend pas de front, quand on l’attaque sans rage, positivement, avec humour et foi en soi:

«C’était la théorie d’Annie qu’il y avait des compensations à tout. Sa façon de penser était la suivante: chaque nuage est bordé d’une ligne argentée.»

Un petit couple inoubliable, décidé à être heureux, un roman qui pose un sourire heureux sur vos lèvres et l’y laisse…

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Mary Elizabeth Braddon, Aurora Floyd

Aurora Floyd, Mary Elizabeth Braddon

 

Les romans à suspens ne sont pas le genre de romans que j’aime, je m’explique : un secret ou un mystère révélé à la dernière page du roman m’agace. En tant que lectrice, je passe des heures de lectures dans l’ignorance du pourquoi et du comment de l’histoire. Les personnages agissent sans que je sache le pourquoi de leurs agissements. Je trouve cela sans intérêt. J’avais lu La Dame en Blanc de Wilkie Collins et cela m’avait fortement ennuyée. D’autant plus que chez lui, la psychologie et compréhension des personnages, des femmes surtout, n’était pas brillante.

Avec Aurora Floyd de Mary Elizabeth Braddon on est gâtées par sa compréhension de ses personnages, hommes comme femmes. L’auteure comprend comment ils fonctionnent et c’est un plaisir ! Ensuite, elle nous sert une belle analyse de la société, par petites touches discrètes mais ô combien révélatrices ! Et elle nous régale d’un humour fin et d’une belle écriture. Et enfin, si le secret est révélé aux deux tiers du roman, le suspense reste jusqu’à la fin du livre : sachant le secret, comment tous les personnages vont-ils réagir et se dépatouiller de la situation ? Le bien et l’amour vont-ils triompher d’autant plus qu’événements tragiques et rebondissements inextricables surviennent encore ?

Eh bien, je vais vous le dire… non mais sans blague, vous croyez vraiment que je vais vous le dire ?

William Thackeray, dont je n’ai lu que le trèèèès long Vanity Fair, dans lequel il montre son inexistante compréhension des femmes, dit de l’auteure Mary Elizabeth Braddon : "Si j’étais capable d’inventer des intrigues comme Miss Braddon, je serais le plus grand écrivain anglais." M. Thackeray, vous appelez cela un compliment ? Vous êtes bien un homme de votre temps ! Ce que vous auriez dû dire, c’est quelque chose comme : "Les intrigues de Miss Braddon font d’elle le plus grand écrivain anglais." Ah, mais que la supériorité d’une femme est inconcevable à certains hommes, à quasiment tous les hommes de l’époque de Mary Elizabeth Braddon ! Comme cela devait être frustrant pour des femmes brillantes comme l’auteure, de n’être qu’une femme qui écrit un roman comme on dirait d’elle qu’elle écrit sa liste de courses !

John Mellish a été heureux de sa naissance à ses trente-deux ans. Braddon le répète assez souvent. Insouciant, inconséquent, il a toujours vécu dans l’opulence, sans jamais avoir à s’inquiéter de choses matérielles ou immatérielles. Sa fortune est si grande, qu’il n’a pas besoin de tenir des comptes serrés pour l’économiser ou la faire perdurer. A-t-il eu des maîtresses avant de connaître Aurora ? ce n’est pas dit. Mais c’est plus que probable, Braddon ne dit pas non plus qu’il est niais. C’est un brave homme qui n’a jamais eu à se poser de question ni sur lui ni sur la vie. Sa vie est une évidence. Une pensée qui ne l’a jamais effleuré : se demander comment il se fait qu’il ait autant de privilèges : financiers (il a un immense domaine), naturels (il a une bonne santé et un physique correct) et, par-dessus tout, être un homme dans une société et un temps où les hommes sont au sommet de l’échelle sociale sans discussion possible.

John Mellish est à l’aise dans sa vie : il est né riche et propriétaire, de parents riches et propriétaire, il trouve cela tout à fait normal. Son intelligence moyenne l’empêche de s’en faire la remarque.

Aurora Floyd, bien que de richesse égale, évoluant dans la même société, est tout à fait différente. Son père est un riche banquier, certes, mais sa mère n’était qu’une actrice populaire, autrement dit, en tant que actrice de bas étage, venant d’un milieu pauvre, et femme, elle se trouvait au plus bas de l’échelle sociale. Aurora est belle, riche, intelligente, bonne, mais cela n’est pas une garantie de suivre le « droit chemin » que la société a tracé pour elle. D’une part parce qu’elle est, elle, Aurora, non pas une des représentantes de l’idéal de la femme tel que le souhaitent les hommes de sa société : douce, docile, future épouse et mère. D’autre part parce qu’elle a été élevée en liberté :

« Aurora, comme disait sa tante, avait grand besoin d’une personne accomplie et vigilante, qui aurait soin de discipliner cette plante pleine de sève qu’on avait laissée croître comme elle l’avait voulu depuis son enfance. Il fallait tailler le bel arbrisseau, l’émonder, l’attacher symétriquement aux murs de pierre de la société avec des clous cruels et des bandes de drap enchaînantes. »

Aurora n’est pas qu’une façade. Elle est une jeune femme qui a soif de vivre, d’expérimenter la vie. Et elle commet ce que la société appelle une erreur. C’était une erreur, mais pour elle seule. Elle s’en est d’ailleurs rendu compte très vite et s’en est éloignée. Elle en sera affectée toute sa vie dans sa chair et dans son cœur. N’est-ce pas suffisant ? Ce qui n’aurait dû être qu’une expérience de vie personnelle, devient un handicap à vie dans une société qui veut codifier, légiférer, dicter tous les actes privés jusqu’à ce qu’ils deviennent des blâmes entachant une vie entière. Pauvre Aurora qui s’accuse d’avoir commis une erreur alors qu’elle était de toute bonne foi et de tout bon cœur, qu’elle a été le jouet d’un misérable individu, et qu’elle a tenté de réparer ce qu’elle appelle sa faute, alors qu’elle n’a été que la victime. Comment une société peut-elle être si injuste qu’elle en vienne à blâmer une femme victime au lieu de son bourreau ?

Cette "erreur" aurait pu être commise par un John Mellish, un Talbot Bulstrode, leurs vies n’en auraient pas été entièrement affectées, elle leur auraient été pardonnée par la société, comme ce qu’elle est : une erreur de jeunesse, de jugement, une expérience de vie.

John Mellish est admirable. À mon avis, il représente ce que l’auteure Braddon aurait aimé que soient plus d’hommes de son vivant : son amour est sincère, touchant par qu’à la limite du pitoyable. Il accepte sa femme comme un cadeau immérité et surtout, il est compréhensif envers "son erreur" à tel point qu’il en rejette l’entière faute sur l’homme qui en est responsable.

Finalement, il me vient une petite idée : Mellish et Bulstrode, les deux personnages principaux masculins et bons ont des caractéristiques d’héroïnes féminines : ils sont capables d’un amour aveugle et inconditionnel d’amoureuse, ils sont compréhensifs et savent se remettre en question. C’est sans doute est-ce pour cela que je les ai aimés et que ça ne m’ait pas dérangée que les personnages féminins soient plus secondaires malgré le titre du livre ?

 

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Histoire de l'amour en poésie par Gabrielle Dubois

Brève histoire de l'amour en poésie
Brève histoire de l'amour en poésie

Brève histoire de l’amour en poésie par Gabrielle Dubois

 


Il y a 2 milliards d’années,
L’amour pullule chez les cellules :
« Cellule un dans son eau,
Cellule deux en même eau.
Deux cellules que c’est chaud,
Un organisme que c’est beau ! »

Il y a 2500 ans,
L’amour grec et antique, amour anacréontique
par Anacréon :
« L'Amour me donne des ailes légères,
Je m'élève jusques aux cieux,
Mais l'objet de mon ardeur
est insensible à mes feux. »

Il y a 900 ans,
L’amour troubadour
par Bernard de Ventadour,
« Hélas ! tant en croyais savoir
En amour, et si peu en sais.
Car j'aime sans y rien pouvoir
Celle dont jamais rien n'aurai. »

Il y a 160 ans,
L’amour romantique, amour emblématique,
par Théophile Gautier :
« À l'Idéal ouvre ton âme ;
Mets dans ton cœur beaucoup de ciel,
Aime une nue, aime une femme,
Mais aime ! C'est l'essentiel ! »

2017,
L’amour est informatique, émoticônique :
«  Brève histoire de l'amour en poésie ?
   Brève histoire de l'amour en poésie !  » 

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Théophile nous élève

Atkinson Grimshaw, London, Gabrielle Dubois
Atkinson Grimshaw, London, Gabrielle Dubois

Théophile Gautier, extrait de La belle Jenny :
« Déjà se balançait à l’horizon l’immense dais de vapeur toujours suspendu sur la ville de Londres. Les cottages et les maisons, d’abord disséminés, commençaient à former des masses plus compactes. Des ébauches de rue venaient s’embrancher sur la route. Les hautes cheminées de briques des usines, pareilles à des obélisques égyptiens, se dressaient au bord du ciel et dégorgeaient leurs flots noirs dans le brouillard gris. La flèche pointue de Trinity-Church, le clocher écrasé de Saint-Olave, la sombre tour de Saint-Sauveur avec ses quatre aiguilles, se mêlaient à cette forêt de tuyaux qu’elles dominaient de toute la supériorité d’une pensée céleste sur les choses et les intérêts terrestres. »
Voilà, entre autres, pourquoi j’admire Théophile Gautier. Cette description n’est-elle pas une merveille de construction ? On commence éparpillé au ras du sol et, subtilement, on se rassemble et on s’élève. Et moi, je m’incline bien bas devant Théophile.

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Le dernier roman de Gabrielle Dubois vient de paraître !

Les confessions d’une autographe
Les confessions d’une autographe

Présentation:

Gabrielle Dubois, au sujet de son dernier roman, Les confessions d’une autographe.



Dans ce troisième roman, je vous ferai découvrir une partie des mémoires de Maximilian von Lekkowski, romancier du dix-neuvième siècle, amusant et amuseur, léger et inconstant dans sa propre vie, semblant n’attacher d’importance à rien, sauf à aider et protéger le seul grand amour qu’il eût jamais connu, celui de Calixte et Marios, ses deux amis.
Grâce aux confessions de Mlle de Blanchecombe et celles des nombreux personnages qui gravitent autour d’elle, il va approfondir sa connaissance de l’âme féminine et, la poussant dans les retranchements les plus intimes de son cœur et de sa pudeur, il va pouvoir nous livrer tous les ressorts d’une grande histoire d’amour. Mais il y a toujours un risque, pour un écrivain, à vouloir se faire le confesseur de son sujet, qui est de trop s’attacher à lui...
Comme on regarderait attentivement dans ses moindres nuances une estampe à la loupe, au fil des confidences, on se fait, en même temps que Maximilian, de détails en détails, une image nette de cette autographie d’un amour.
Je vous laisserai donc entre les mains de Maximilian von Lekkowski.
Bon voyage !

 

 

EXTRAIT :


Tous droits réservés.

Chapitre 1
Le réfectoire de la deuxième chance

Le lycée Philippe le Bel, en plein cœur de Paris, sur les bancs duquel j’usais mes pantalons depuis un an déjà, avait pour élèves les rejetons de la crème de l’aristocratie française, ainsi que quelques-uns des noblesses européenne et prussienne, celle dont je faisais partie. Comme chacun sait, je suis le deuxième et dernier fils du baron Alexandre von Lekkowski. Le jour de la rentrée scolaire 1849, ce fut dans ce lycée que je rencontrai Marios Constantin pour la première fois.

Un an auparavant, après un séjour d’une année en Italie et en France avec ma tendre mère, séjour durant lequel j’avais été choyé et traité comme un prince que je pensais être, je n’étais guère désireux de rentrer chez nous, en Prusse, où m’attendait un père dont je n’étais pas le fils aîné, et un frère aîné étrangement acariâtre et méchamment ambitieux. Je dis étrangement, parce que ce frère, du point de vue du caractère, ne ressemblait en rien à nos parents, ni même à moi.
Le baron von Lekkowski mon père, passait la plus grande partie de son temps à la chasse, connaissant chaque bosquet de ses terres immenses, reconnaissant chaque cri d’animal à poils ou à plumes, capable de remonter la piste d’un gibier à l’empreinte laissée dans la neige fraîche, à la feuille froissée sur l’arbre à son passage. Si je me joignais à lui avec plaisir dès que je rentrais chez nous, je n’envisageais pas pour autant courir les bois à longueur d’année. Déjà un autre genre de chasse, en alcôve, avait ma préférence. Père aimait la nature.
À l’opposé de son mari, ma mère était une femme de salons. Musiciens, savants et écrivains formaient son petit cercle. Les deux conditions pour en faire partie, étaient d’avoir du talent et le goût du rire. Mère aimait rire.
Ils avaient l’un pour l’autre, non pas cet amour fou que l’on rencontre dans les romans et que je n’ai rencontré qu’une fois dans ma vie, mais l’affection et la tendresse que peuvent parfois se porter des époux de caractère doux, mariés par intérêt et qui, n’étant tombés amoureux ni dans le mariage, ni en dehors, prennent avec philosophie et bonheur le sort que la vie leur a réservé.

Après nos pérégrinations sous le doux soleil italien, j’obtins, par retour de courrier, l’autorisation de mon père de rester à Paris pour finir mes études et laissai mère s’en retourner chez nous. J’avais dix-sept ans. Oui, je sais, je n’étais pas bien en avance pour entrer en classe de seconde, mais ma scolarité avait été des plus décousues... nous y reviendrons.
Mon père loua donc pour moi un appartement petit, mais fort confortable, à l’hôtel des Trois Empereurs, place du Palais-Royal, mais il y mit plusieurs conditions. Je devais m’inscrire au lycée Philippe le Bel pour y suivre les cours, ma conduite devait y être irréprochable afin qu’il n’eût pas à demander à notre ambassadeur d’intervenir pour moi auprès des autorités françaises. Enfin, je devais lui envoyer, chaque trimestre, les félicitations de mes professeurs. Je remplis ces conditions. Je m’inscrivis dans ce lycée le plus prestigieux de la capitale, je n’y manquai aucun cours, n’y fis pas de grabuge. J’oubliais seulement de travailler les mathématiques et les sciences pour lesquelles je n’avais aucune affinité. Quant au français, latin et grec, qui étaient pourtant des langues que j’avais affectionnées jusqu’à ce jour, j’y consacrais si peu de temps, que je n’y brillais guère mieux. Par contre, à la fin de l’année, je dois avouer que j’excellais dans une matière jusqu’alors inconnue de moi, mais bien souvent caressée en rêves : les femmes et leurs douces langues qui, elles, étaient bien vivantes.
À bout de patience, mon père m’ordonna de rentrer à la maison dès la fin des cours. Entièrement dépendant de son bon vouloir financier, j’obéis. Si je voulais retourner à Paris pour le premier septembre suivant, je n’avais que quelques jours au mois d’août, si je décomptais l’aller et retour jusque chez nous, pour convaincre mon père. L’argument selon lequel j’étais devenu le jeune homme le plus fashionable de la capitale française, je le savais, serait à proscrire, quand bien même être à la pointe de la mode n’est pas donné au tout venant. C’est au contraire un exercice délicat qui nécessite un parfait équilibre entre les aptitudes innées qui sont de bonnes et belles dispositions physiques, et les acquises, qui sont de savoir devancer d’un soupçon les tendances mais sans trop, pour ne jamais, au grand jamais, frôler le ridicule, et rester simple et aimable en toutes circonstances. Ce dernier point est toujours celui par lequel pêchent les jeunes bellâtres qui affichent leur supériorité de don Juan blasé et par là-même, en deviennent détestables. Mais, bien évidemment, ce n’est pas à un père, tout bon qu’il fût, qui rentre crotté des pieds à la tête d’avoir battu la campagne et heureux d’avoir traqué la bête sauvage en compagnie de garde-chasse et d’une bande d’hommes des forêts, que l’on peut exposer ce genre d’évidences stylistiques, ô combien indispensables à la vie de patachon d’un jeune citadin.
J’avais aussi acquis, pendant cette douce année, une verve, une aptitude à fasciner mon auditoire par des mots choisis avec aisance et débités avec facilité. Je me rends compte aujourd’hui que mon public habituel était du genre féminin et facile, et ne demandait qu’à se laisser hypnotiser. Il faut dire que j’ai été gâté par la nature. Quand on a la taille svelte et les épaules bien développées, entretenues dans une salle d’arme, un visage fin et régulier, de beaux yeux bleus et les plus soyeuses boucles blondes, on a bien peu d’effort à fournir en matière de discours. Je n’étais pas aveugle sur moi-même au point de penser que ce genre d’atouts pouvait faire le poids face à tout le monde, et j’entends par là, mon père ou M. Dumollet, notre proviseur, homme à manier avec des pincettes.
Quelques mots ici sur M. Dumollet. Cet homme malingre au crâne ovoïde était un simple roturier sorti de nulle part, mais arrivé là certainement grâce à un entêtement hors du commun. Il avait une finesse d’esprit digne d’un prince de la plus grande lignée, mais des habitudes de bourgeois, ou devrais-je dire, de coucou suisse. Chaque premier jour des vacances, vous pouviez le voir à la gare, avec femme et enfants, partir dans sa belle-famille, à Saint-Malo. La veille, au détour d’un couloir ou en cour de récréation, il ne manquait pas d’entendre chanter, dans son dos, ce refrain populaire et joyeux :
« Bon voyage, monsieur Dumollet,
À Saint-Malo débarquez sans naufrage ! »
J’étais si convaincu d’être irrésistible, qu’avant de quitter le lycée, je mis à l’épreuve mes talents d’orateur alors que j’étais convoqué par le proviseur qui me tint à peu près ce discours :
- Lekkowski, je ne vous cache pas qu’à vous seul et ce, malgré les avertissements répétés de vos professeurs, vous avez été, cette année, pour tous nos élèves, un déplorable exemple. Non seulement vous n’avez pas travaillé, mais encore, vous avez dissipé plus d’un de vos camarades.
- Monsieur Dumollet, telle n’était pas mon intention, je vous présente mes humbles excuses.
- Elles arrivent bien tard.
- Mais pas trop tard ?
- Le résultat de votre conduite, jeune homme est que personne ici n’est content de vous et j’ose espérer que vous ne l’êtes pas vous-même.
- Bien sûr que non, monsieur. Mais il y a bien un professeur qui ne soit pas totalement insatisfait de moi ?
- Un seul, oui. Votre professeur de français qui vous a défendu mieux qu’un avocat ne l’aurait fait. Il prétend que vous en valez la peine. Mais nous ne le saurons pas, puisque vous n’allez pas vous réinscrire l’année prochaine, ce qui vous évitera la honte d’être renvoyé aujourd’hui-même.
J’affichais un air calme et détaché dont je me félicitais, mais intérieurement, je n’en menais pas large :
- Monsieur, je plaide coupable. Je n’ai effectivement pas travaillé et j’ai invité quelques-uns de mes camarades à des soirées.
- Ah ! Vous avouez enfin, Lekkowski ! Alors que je vous ai déjà convoqué deux fois dans ce bureau sans jamais obtenir de vous que vous fassiez amende honorable, ni même une quelconque amélioration de votre conduite.
- Coupable je le suis, certes, mais laissez-moi plaider ma cause auprès de vous, monsieur. Ce que vous m’avez dit jusqu’à présent est tout à fait juste. Aussi, je pense pouvoir attendre de vous, une fois que vous m’aurez écouté, la plus grande justice.
- Pourquoi pas ? J’ai dix minutes devant moi, nous sommes en juillet et j’ai moi aussi envie de me divertir un peu. Je vous écoute, dit-il, finaud, en s’adossant à son fauteuil et croisant ses mains sur son gilet.
- Je vous remercie, monsieur Dumollet. C’était mon choix d’étudier à Paris, capitale dont la pensée éclairée rayonne sur le monde. Père a eu la générosité de m’offrir son soutien financier pour que je puisse vivre ici, dans ce pays de progrès, de droit et d’équité. Fait que j’ai méprisé, pensez-vous, comme un enfant gâté. Ai-je gâché mon année ? Bien au contraire, monsieur, je puis vous l’assurer. Le remords me taraude quand je pense à cet extraordinaire privilège que j’ai pris comme un dû, alors que j’aurais dû le recevoir comme la récompense anticipée d’un mérite. Mais vous connaissez la jeunesse mieux qu’elle ne se connaît elle-même, monsieur Dumollet. Si j’ai appris une chose, c’est que je ne suis pas le genre d’homme à pouvoir vivre avec un remords et cela m’incitera, à l’avenir, à réfléchir avant d’agir afin de ne pas retomber dans les mêmes tourments.
- Vous pourriez être divertissant, Lekkowski, dit-il en réprimant un bâillement vrai ou feint, mais vous êtes à la limite de l’ennuyeux. Venez-en au fait, je vous prie.
S’il croyait me désarmer avec ces petits stratagèmes, il se trompait bien :
- J’y viens, monsieur. Loin de moi l’envie de vous faire bailler, je n’ai qu’un désir, vous faire juge de ma misère. Je plaide coupable d’avoir eu une trop grande confiance en mes capacités à vivre seul, loin de ma famille, loin de ma chère maman. Coupable d’avoir eu la faiblesse, pour pallier ce manque d’affection d’enfant exilé, de m’entourer d’élèves que, vous noterez monsieur, j’avais pris soin de ne choisir qu’en dernière année pensant qu’ils étaient capables de juger par eux-mêmes si soutenir la solitude d’un ami les détournerait ou non de leurs devoirs.
M. Dumollet sourit :
- Et vous pensez qu’un tel plaidoyer me suffira pour vous donner une deuxième chance, Lekkowski ?
- Je vois bien que non, monsieur et j’en comprends la raison : vous avez trop d’esprit pour qu’un élève, quand bien même il aurait mon potentiel, puisse influer sur votre décision. D’un autre côté, le fait que je n’ai pas atteint le niveau qui me permettrait de soutenir une conversation face à vous sans paraître trop ridicule, prouve bien que j’ai besoin, plus que quiconque, que vous me laissiez me réinscrire dans votre prestigieux établissement dont l’enseignement est le seul qui pourra faire de moi un être capable de raisonnement, tels que vous aimez en voir sortir, chaque année, du lycée Philippe le Bel.
- Je constate que tel le chat, vous avez l’art de retomber sur vos pattes, mais qu’attendez-vous de moi, exactement ?
- Autant de clémence que celle que mon père aura à mon égard, quand je vais rentrer chez nous, en août, pour subir ses récriminations justifiées et le supplier à genoux de me laisser finir mes études chez vous, monsieur Dumollet. J’ajoute que s’il y a une quelconque pénitence que vous jugiez nécessaire de m’infliger, je m’y soumettrai, ce ne serait que justice.
- Vous êtes intelligent, Lekkowski, aussi vais-je me montrer direct avec vous. Voici ce que je vous propose : si vous rameniez de chez monsieur votre père, non seulement de la clémence à votre égard, mais une contribution au réaménagement de notre réfectoire, je pense pouvoir vous garder une place jusqu’à la fin du mois d’août.
- Merci, mons...
- Attendez ! Je n’ai pas fini. À cela, j’ajoute une condition. Voyez-vous, des noceurs comme vous, qui pensent que la vie se résume à l’esthétique de la frisure d’une moustache ou à l’élégance avec laquelle ils portent un costume, des jeunes gens qui se considèrent des maîtres en rhétorique parce qu’ils ont su étourdir, par quelques vagues mots bien tournés, volés aux grands poètes, des femmes qui se seraient laissées séduire à moins ; des fils de bonne famille qui n’ont d’autre centre d’intérêt que les amusements légers, j’en ai vu passer. Ils ne guérissent pas.
- J’ai bien l’intention...
- Je ne veux rien savoir de votre vie en dehors d’ici, vous en êtes le maître. Mais ici, c’est moi, le maître. Le maître absolu. Le moindre manquement que ce soit, en cours, au travail donné ou à la discipline, et je vous mets dehors, monsieur von Lekkowski, tout baron que vous êtes et ce, même en cours d’année, alors que vos camarades eux, continueront à déjeuner dans le réfectoire flambant neuf que vous leur aurez offert.
- Bien sûr...
- Je vous arrête là ! Ne promettez rien, ne me servez plus aucun de vos piètres raisonnements. Nous nous reverrons peut-être le premier septembre, lors de mon discours de bienvenue, mais ce sera tout. Je ne veux plus jamais vous voir dans mon bureau, assis en face de moi sur cette chaise. Est-ce bien clair ? Si oui, saluez et sortez, monsieur von Lekkowski.
- Au revoir, monsieur Dumollet, lui dis-je.
Avant de passer la porte de son bureau, je lui lançai un joyeux :
- Bon voyage, monsieur Dumollet !
Le proviseur grommela en replongeant dans sa paperasserie administrative, mais son œil brillait, songeant certainement au nouveau réfectoire qu’il venait d’obtenir si facilement.

Pour mon père, que j’étudie là ou ailleurs ou pas du tout, n’avait aucune espèce d’importance. Il ne voyait pas l’intérêt de savoir le latin pour entrer dans l’armée, ce qui était mon destin depuis toujours. Alors que nous dînions en compagnie de ma mère, il s’exclama, un grand sourire aux lèvres :
- Très bien, Maximilian ! Serais-tu encore capable de porter un fusil ou tes muscles ont-ils fondu au point de ne pouvoir porter qu’une plume et un cahier ?
- Vous ne seriez pas mon père, répondis-je, vexé, que je vous aurais demandé réparation de cette injure !
- Tu as l’air bien sûr toi, l’étudiant ! Partons à la bécasse demain. Celui qui en ramène le plus décide de ton avenir.
- Père, je ne dis pas que je n’accepterais pas une mise à l’épreuve, ou que je manque de courage pour relever un défi, mais celui-ci est perdu d’avance pour moi. Je n’ai pas tiré depuis plus d’un an et la chasse est toute votre vie. Mais si c’est ce que vous demandez, je m’y plierai.
- Je n’ai jamais été injuste envers qui que ce soit, pas même envers un jeune blanc-bec dont la cravate est plus volumineuse que le jabot d’un coq !
L’air de rien, du plat de la main, je tentai d’aplatir ma cravate.
- Si tu ne veux plus que je décide de ton avenir, Maximilian, c’est donc que tu te penses supérieur à moi. Prouve-le moi !
- Que suggérez-vous, père ?
- Un duel.
- Alexandre ! s’écria ma mère, vous n’y pensez pas !
- Avec un gilet pour contenter la baronne, fils. Le premier qui touche au cœur a gagné.
- Même ainsi je vous l’interdis, messieurs ! Vous n’allez tout de même pas faire couler le sang pour une histoire de lycée !
- J’accepte, père, annonçai-je, en lui tendant la main qu’il serra.
- Prépare ton paquetage pour l’armée, fils !
- Préparez votre bourse pour mon inscription, père.
- Faites cela et je vous ôte ma tendresse à tous les deux, dit mère.
Père lui sourit et prit sa main :
- Nous verrons cela demain. En attendant, ma très chère, vous en aurez bien un peu pour moi ce soir, j’espère ?
Mère rougit et se leva :
- Des rustres, voilà ce que vous êtes ! s’exclama-t-elle, sans arriver à se fâcher vraiment.
Il m’en coûta une jolie estafilade au bras, mais je touchai père au cœur le premier. Il s’inclina et j’obtins une année de plus à Paris. Ce qui me surprit le plus lors de ce séjour chez moi, fut le soutien de mon frère, lui qui ne m’avait jamais montré qu’une fraternelle jalousie. Je ne comprendrai son objectif que trop tard. Insouciant et donc heureux, je reprenais ma route vers la France, sans savoir que cette rentrée 1849 me réservait un inestimable cadeau : un ami.

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Se mignoter

gabrielle dubois se mignoter
PIERRE-AUGUSTE COT Gabrielle Dubois roman amour

Se mignoter



Nombre de mots disparaissent des dictionnaires pour faire place à d’autres, nettement moins poétiques, à mon avis.
Mignoter. Voilà un joli verbe qu’il me plaît de savoir encore dans un dictionnaire. Pourvu qu’il ne disparaisse pas !

Définition Larousse 1922 : Mignoter : familier. Traiter délicatement ; mignoter un enfant.
Définition tirée de : Origine et formation de la langue française. par A. de Chevallet..., édition :  1853-1857. Mignot, mignote signifiait autrefois petit, délicat, mignon, gentil, joli. Il nous est resté le verbe mignoter, caresser comme on caresse un mignot (un charmant enfant), le dorloter…

Et voici Balzac qui l’emploie dans La belle Imperia :
« … Mais en voyant l’Imperia soucieuse, il s’approcha d’elle pour la mignardement enlasser dans ses bras et la mignoter à la façon des cardinaux, gens brimballant mieux que tous autres, voire même que les soudards… »
Mais peut-être sommes-nous devenus trop politiquement corrects aujourd’hui pour entendre Balzac nous raconter les ébats des cardinaux et de leurs maîtresses ! Si certains ne se mignotent plus, heureusement, dans les romans de Gabrielle Dubois, on se mignote encore… et plus !

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Ritz

Gabrielle Dubois meilleur roman 2016
Ritz Paris

 

 

La rénovation du Ritz à Paris vient de s’achever, et l’on parle partout de César Ritz.

 

Mais comment parler du Ritz de César sans parler de sa femme Marie et de son plus célèbre chef cuisinier et cofondateur Auguste Escoffier, tous deux conseillers techniques de César ? En 1896 quand commencèrent les travaux place Vendôme, César Ritz voulait Escoffier qui avait 2,5% des parts de la compagnie Hôtel Ritz ltd, et qui organisa le recrutement du personnel. Escoffier et Marie Ritz sélectionnèrent le matériel et les fournitures et passèrent au peigne fin tous les fournisseurs de Paris, d’Europe et au-delà. Marie trouva les tapis, tapisseries, brocards, soieries et linge ; elle étudia les grands maîtres des musées et des galeries pour créer une décoration de bon goût. Escoffier organisa bien sûr la cuisine, mais aussi la salle à laquelle il attachait un soin tout particulier en ce qui concernait les serveurs, vaisselles, cristallerie et argenterie. C’est au Ritz de Paris qu’Escoffier utilisa pour la première fois des plats plaqués argent pour le service à table. Il fit créer par Christofle à Paris des plats selon son idée dont le plat carré que Christofle baptisa : plat Escoffier.

 

Renseignements tirés du livre de Kenneth James.

 

Pour ce qui est de l’ambiance du Ritz, je vous conseille l’excellent livre L’usine de Gabrielle Dubois.

 

www.gabrielle-dubois.com

 

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Dimanche 05 Juin je serai au salon du livre de Pamiers

Dimanche 05 Juin je serai au salon du livre de Pamiers, cela promet d'être bien sympathique !

Voici l'adorable commentaire que les Appaméennes du livre ont publié sous ma photo:
" Gabrielle Dubois :
Parler d’amour avec les mots simples… nouer des brins d’érotisme mesuré, saisir chaque instant fragile d’un amour avant qu’il ne s’éclipse. Vivre. Vivre l’intensité à travers une lecture plus large qui peut se décliner comme s’inclinent les rougeurs sur les joues et qui fait naître la fièvre dans l’imaginaire."


Cela donne à rêver, non ?

 

gabrielle roman dubois
Salon livre Pamiers 2015 Brochure Gabrielle Dubois


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Les effarés, Arthur Rimbaud

roman gabrielle
Franz Xaver Simm

Les effarés, Arthur Rimbaud

L’une de mes toutes premières émotions poétiques :

Les effarés
de
Arthur Rimbaud

Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s’allume,
Leurs culs en rond,

À genoux, cinq petits, misère !
Regardent le Boulanger faire
Le lourd pain blond.

Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise et qui l’enfourne
Dans un trou clair.

Ils écoutent le bon pain cuire.
Le Boulanger au gras sourire
Grogne un vieil air.

Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein.

Quand pour quelque médianoche,
Façonné comme une brioche
On sort le pain,

Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons,

Que ce trou chaud souffle la vie,
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,

Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres Jésus pleins de givre,
Qu’ils sont là tous,

Collant leurs petits museaux roses
Au treillage, grognant des choses
Entre les trous,

Tout bêtes, faisant leurs prières
Et repliés vers ces lumières
Du ciel rouvert,

Si fort, qu’ils crèvent leur culotte
Et que leur chemise tremblote
Au vent d’hiver.

www.gabrielle-dubois.com   www.roman-amour.fr #gabrielleduboisromanciere

 

 

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Le Petit Moulin Rouge

Moulin Rouge
Sous les eucalyptus, un roman de Gabrielle Dubois

Le Petit Moulin Rouge,
Un article de Gabrielle Dubois



Louise Saint-Quentin, l’héroïne de Sous les eucalyptus, le roman d’amour de Gabrielle Dubois est « un bon-vivant », puisqu’il ne semble pas y avoir de féminin autorisé pour cet adjectif... passons ! Il était donc impensable pour moi que dans ce roman d’aventure, mon héroïne ne rencontrât pas le grand cuisinier Auguste Escoffier, qui officiait, au moment où l’action du roman se passe à Paris, en 1876, au Petit Moulin Rouge, restaurant réputé à l’époque (à ne pas confondre avec le cabaret du Moulin Rouge).
Afin de cerner un peu le personnage, j’ai lu Auguste Escoffier & César Ritz, Les Rois de l’Hôtellerie Moderne, un livre de Kenneth James aux éditions Pilote 24, dont voici un extrait :

« ... Auguste revint donc à Paris au printemps 1873 pour diriger la cuisine du Petit Moulin Rouge. Il connaissait bien l’héritage que lui laissait Ulysse Rahaut, le bruit et la chaleur de la cuisine, l’organisation du travail désordonné et le comportement rustre de la brigade. Il savait aussi comment le personnelle était commandé par les directives d’un matamore, par des ordres que Rahaut renforçait avec des coups et de invectives grossières. Alors qu’il n’était qu’un pauvre novice et souffrait dans le restaurant de son oncle, Auguste s’était promis d’améliorer les conditions de travail lorsqu’il dirigerait sa propre cuisine. Au cours de ses précédentes fonctions d’organisateur, il avait réfléchi à bien des changements et la transformation de la cuisine était sa priorité quand il prit les commandes de celle du Petit Moulin.
L’impact initial sur le personnel fut son style de direction : calme, contrôlé et percutant. Son premier changement dans l’équipe, peut-être le plus simple, se révéla efficace. Il modifia le nom de celui qui criait les commandes en cuisine : l’aboyeur devint l’annonceur, terme plus théâtrale. Auguste interdit à l’annonceur de crier : ainsi les cris cessèrent dans la cuisine de manière à pouvoir entendre les commandes. « Le coup de feu en cuisine, ce n’est pas la fin du monde », rappelait Auguste à son personnel. Ce changement ne résolut pas tout de suite les problèmes de mauvaise humeur et de comportement grossier puisqu’il ne s’attaquait pas à la cause du mal. Les cuisinières à charbon, portées au rouge pour la cuisson des rôtis à la broche, rendaient les cuisines terriblement étouffantes. Les cuisiniers y transpiraient énormément. La fumée et les vapeurs des feux desséchaient leurs gosiers. Boire souvent était indispensable et la bière avalée pendant les douze à quatorze heur d’une journée normale de travail aurait transformé le cuisinier le plus angélique en un vulgaire ivrogne.
Auguste supprima l’alcool en cuisine, et, sur avis médical, fournit une boisson composée d’eau et d’orge, disponible à tout moment. Progrès fantastique ; mais il restait tout de même vigilant. « Si un employé aux cuisines se permettait des écarts de paroles », soulignait un de ses collaborateurs dans ses dernières années, escoffier lui faisait un signe et lui disait : « Ici, vous êtes censé être poli ; tout autre comportement est contraire à notre manière de faire. »
Lui-même suivait rigoureusement ses propres règles et restait toujours poli avec son équipe et ses collègues. Quand il perdait patience, peut-être avec un cuisinier récalcitrant, il faisait un geste : il étirait le lobe de son oreille entre le pouce et l’index, tout en se frottant la joue, une habitude d’enfance. Il disait alors : « je sors un moment, je me sens devenir nerveux. » Il revenait peu après et discutait fermement mais calmement, avec le cuisinier.
Ses nouvelles fonctions lui permettaient d’établir des contacts étroits avec les clients du restaurant, princes, ducs, et les plus hautes personnalités sociales ou politiques, ainsi que les magnats de la finance. Il aurait pu étudier leurs goûts et leurs désirs et apprendre à leur plaire. Mais il ne le fit pas et comporta sur sa renommée.
Beaucoup de ses clients d’avant-guerre (1870) revinrent au restaurant, et non des moindres : le maréchal Mac Mahon, ou, pour lui donner son nom exact : Marie Edmond Patrice Maurice comte de Mac Mahon, duc de Magenta qui, le 24 mai 1873 remplaça Adolphe Thiers à la résidence de la république française... »

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Charles Worth et la « tournure »

#roman #amour
Gabrielle Dubois et la tournure

Charles Worth et la « tournure »,

 

 

 

un article de Gabrielle Dubois



La « tournure » occupe une jolie place dans le roman d’aventure SOUS LES EUCALYPTUS. Louise Saint-Quentin en porte... quand elle est habillée. Si j’avais écrit ce roman d’amour en étant une contemporaine des années 1880, je n’aurais pas eu besoin de quelques descriptions pour donner une idée au lecteur de ce que l’héroïne portait. Mais n’étant pas moi-même accoutumée aux chemises de batiste, corsets, surchemises, corsages, pantalons, jupons, tournures en métal ou en coussinets, jupes, traînes, j’ai dû me documenter, afin de pouvoir, avec la plus grande légèreté possible, habiller et déshabiller, dans le roman Sous les eucalyptus, une héroïne qui est particulièrement encline à l’amour... et à l’aventure !
Une partie de mes recherches s’est effectuée dans Une Histoire de la mode du XVIIIème au XXème siècle, Les collections du Kyoto Costume Institute, édition TASCHEN, dont voici un extrait :

« Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, le perfectionnement du métier à tisser et des procédés de teinture permet de fabriquer toutes sortes de matières pour les jupes. La production s’envoile, car la crinoline nécessite d’énormes quantités de tissus. La tournure, qui sera bientôt  à la mode, est beaucoup moins ample, mais elle est tellement ornée de rubans et de volants qu’elle exige également beaucoup d’étoffe. Cet engouement est une bonne nouvelle pour les fabricants français, et notamment pour les soyeux de Lyon. Napoléon III soutien l’industrie textile dans le cadre de sa stratégie politique, à la grande satisfaction de la bourgeoisie. Des couturiers célèbres, notamment Charles Frederick Worth, utilisent des soies de Lyon, techniquement plus évoluées et d’un grand raffinement artistique. Du coup, Lyon retrouve sa place de principal fournisseur d’étoffe de la couture parisienne.
La tournure :
Dès la fin des années 1860, les jupes prennent du volume vers l’arrière tout en s’aplatissant nettement sur le devant. Un nouveau vêtement de dessous a été lancé sur le marché. Il s’appelle « tournure ». La tournure est coussinet rigide rembourré de différentes matières et se place sur le postérieur. La mode de la tournure dure jusque dans les années 1880, ne subissant que quelques changements mineurs. La silhouette de la robe des années 1880 est illustrée dans un tableau célèbre de Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte (1884-1886), the Art Institut of Chicago, qui représente des promeneurs anonymes à la campagne. On voit que la tournure est également portée dans les classes populaires. Au Japon, elle est appelée Rokumei-kan, d’après le nom d’un lieu de festivals et de galas qui a beaucoup contribué à l’occidentalisation de Tokyo à l’époque de la Restauration Meiji (1867-1912).
Après 1850, la plupart des robes se composent de deux pièces distinctes, un corsage et une jupe ; avec la fin du siècle, on assiste au retour des ornements et des détails. Les robes sont surchargées jusque dans leurs moindres replis de toutes sortes de détails compliqués qui finissent par engoncer totalement la silhouette. Seule exception à la règle, une robe d’une seule pièce laissant deviner les lignes du corps et créée au début des années 1870. Elle est baptisée « robe princesse » en l’honneur de la princesse Alexandra (1844-1925), future reine d’Angleterre.
Vers la fin du siècle, les coiffures de prédilection sont les chignons volumineux. Les coiffes, quasiment obligatoires tout au long du siècle se transforment en petits chapeaux à bords étroits qui laissent voir ces coiffures très élaborées. Les toques à bords presque invisibles deviennent très à la mode pour cette raison. »

Plus d’infos au MET >lien
Et retrouvez la haute couture parisienne dans le roman d’amour Sous les eucalyptus de Gabrielle Dubois

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